Philippe Couillard a déclaré vendredi que son gouvernement s’est battu «avec détermination contre les forces du statu quo», se targuant de ne pas avoir cédé «aux pressions du moment», d’avoir conduit une action non pas basée sur des «modes, mais sur des valeurs profondes».

33e congrès du PLQ: Couillard vise Legault

Philippe Couillard est tombé à bras raccourcis sur le chef caquiste François Legault en ouvrant le 33e congrès du Parti libéral du Québec, vendredi soir.

«Son programme de développement économique, c’est un ramassis de lieux communs; de solutions bricolées, dictées par les sondages et l’actualité du jour. Des idées du siècle dernier.»

Pour le chef libéral, le caquiste a fait «le choix du populaire au détriment du nécessaire». C’est ce qu’il a dit aux quelque 1500 délégués libéraux réunis au Centre des congrès de Québec jusqu’à dimanche.

«Qui a déjà entendu François Legault parler de lutte contre la pauvreté? Qu’est-ce que François Legault propose aux Québécois? Vingt ans de vision négative du Québec!»

Il «jongle avec ses convictions : souverainiste, autonomiste; maintenant fédéraliste».

«On ne fera pas progresser le Québec en regardant dans le rétroviseur, a poursuivi Philippe Couillard. Les Québécois vont dire non à l’improvisation, à la division et au pessimisme de François Legault; non à sa vieille façon de faire de la politique.»

Dans son discours, le premier ministre a dressé le bilan de son gouvernement, encore là en écorchant son principal adversaire. «L’an dernier, François Legault a dit : mathématiquement impossible de baisser les impôts, la dette et d’investir dans les services. D’autres l’ont dit, l’ont écrit. Ils ont eu tort!»

M. Couillard a déclaré que son gouvernement s’est battu «avec détermination contre les forces du statu quo». Il s’est targué de ne pas avoir cédé «aux pressions du moment», d’avoir conduit une action non pas basée sur des «modes, mais sur des valeurs profondes».

Le chef libéral aimerait faire de ce congrès une rampe de lancement. À ses yeux, «il lance un compte à rebours. On a 312 jours devant nous, d’ici à la prochaine élection, pour convaincre les Québécois que nous sommes le choix de l’avenir».

Dans son discours, M. Couillard a aussi lancé un message aux anglophones québécois. Votre voix est au gouvernement, a-t-il dit en songeant à la ministre Kathleen Weil, qui pilote désormais le Secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise.

En attendant Jean Charest

L’ex-chef du PLQ, Jean Charest, sera présent ce samedi au congrès. Les militants se disent heureux de le retrouver, lui qui n’a pas mis les pieds dans une instance du parti depuis son départ de la vie politique.

Le député Guy Ouellette, qui a réintégré l’aile parlementaire libérale mardi, s’est cependant montré moins enthousiaste que d’autres. Comme tout militant, Jean Charest «a le droit» de participer aux célébrations du 150e anniversaire du Parti libéral du Québec, a-t-il laissé tomber. Il s’est repris par la suite en faisant référence aux propos de la veille de Philippe Couillard, qui avait souligné plusieurs réalisations accomplies sous les gouvernements de Jean Charest.

M. Charest est l’objet d’une enquête policière portant sur le financement du Parti libéral du Québec. Aucune accusation n’a été portée contre lui. 

Le député Guy Ouellette est, lui, dans le collimateur de l’UPAC pour une histoire de fuite de documents liés à l’enquête Mâchurer, laquelle concerne entre autres M. Charest.

Au Centre des congrès, vendredi soir, Philippe Couillard a de nouveau fait référence à Jean Charest, dont la «créativité» et la «vision» ont permis de lancer le Plan Nord.

Parmi les délégués, on notait la présence de la candidate libérale défaite lors de la récente élection partielle de Louis-Hébert, Ihssane El Ghernati.