Steve Lussier disait n’avoir jamais été aussi heureux de procéder à une annonce, mercredi, au moment de confirmer l’investissement du gouvernement du Québec dans la reconstruction du pont des Grandes-Fourches. Sur l’affiche à ses côtés sont identifiées les trois structures qui devront être démolies.

26 M$ de Québec pour le pont des Grandes-Fourches

Le nouveau pont des Grandes-Fourches sera construit en 2019. Le projet de reconstruction, évalué à 31 M$, peut officiellement être lancé alors que le gouvernement du Québec annonce une contribution de 26 M$ pour renouveler l'infrastructure.

Le député Luc Fortin en a fait l’annonce mercredi après-midi à l’hôtel de ville, en compagnie du maire Steve Lussier, rappelant qu’il travaille le dossier depuis 2014. « Il s’agit d’une subvention de 24 M$ provenant du Fonds des réseaux de transport terrestre pour la reconstruction du pont des Grandes-Fourches et de 2 M$ pour les travaux de démolition des trois structures sous la responsabilité du Ministère », a-t-il indiqué.

Concrètement, l’actuel pont des Grandes-Fourches, le pont d’étagement au-dessus du chemin de fer, un peu plus au nord, et l’échangeur de la rue Terrill seront démolis. Le pont sera reconstruit 110 m plus à l’ouest et aboutira à la hauteur du stationnement La Grenouillère. L’échangeur Terrill sera remplacé par une intersection où seront installés des feux de circulation. Une artère urbaine reliera la rue Terrill et le futur pont.

Des bâtiments aux usages commerciaux, à bureaux et résidentiels doivent être construits le long de la nouvelle rue. Les berges de la rivière Saint-François redeviendront accessibles aux citoyens.

Le choix d’une intersection plutôt que d’un carrefour giratoire, sur la rue Terrill, permettra un meilleur contrôle de la circulation. « Nous visons la meilleure gestion des piétons et des cyclistes qui sont nombreux en raison de la présence du Cégep. 

’étude de circulation a démontré qu’il serait très difficile d’accommoder à la fois les véhicules, à la fois les piétons et les cyclistes avec un carrefour giratoire, à moins de faire des structures souterraines onéreuses », explique Denis Gélinas, directeur du Bureau des projets majeurs à la Ville de Sherbrooke.

Cinq propositions

Les appels d’offres devraient être lancés en 2019 pour une construction qui prendrait fin au plus tard en 2020.

Cinq propositions pour l’architecture du pont seront soumises aux élus. Trois d’entre elles comportent une place importante pour les piétons et les cyclistes. L’option la plus chère serait un pont signature, c’est-à-dire à l’architecture unique.
Il est pour le moment privilégié de construire un pont sans pilier, ce qui éviterait de creuser le lit de la rivière Magog.

« Nous exposerons aux élus les avantages et inconvénients techniques de chaque proposition, de même que les avantages et les inconvénients économiques, incluant la valeur foncière des bâtiments qui pourront s’installer de part et d’autre. Il reste à choisir laquelle des cinq options potentielles sera retenue », dit M. Gélinas.

« C’est une entente gagnant-gagnant-gagnant! Cette entente historique permet de générer des économies à long terme. J’ai hâte que les Sherbrookois puissent profiter de leur nouveau centre-ville », a lancé le député Fortin. La démolition de deux structures du ministère des Transports, qui ne seront pas reconstruites, entraîne des économies récurrentes pour le gouvernement du Québec. Dans le même sens, l’entretien du nouveau pont relèvera de la Ville de Sherbrooke. C’est d’ailleurs la Ville qui sera maître d’œuvre du projet, donc qui décidera des échéanciers.

Place Nikitotek

« Je n’ai jamais été aussi fier de venir au micro », a déclaré d’emblée le maire Steve Lussier. « Ça changera complètement le visage du centre-ville. Les citoyens et les commerçants en sortiront gagnants. »

Le maire n’a pas été en mesure de préciser si la scène de la place Nikitotek serait déplacée. Si l’hypothèse d’un déménagement est vraisemblable, la scène se trouvait à son emplacement actuel sur la maquette dévoilée mercredi.

« Il reste encore des choses à savoir si on déplacera la place Nikitotek. C’est possible. C’était déjà dans mes cartons de le faire, sinon il faudrait faire un mur. On a une grande ville. Il faut voir où on pourrait la mettre. »

À première vue, il serait impossible de déplacer la scène à l’extérieur du centre-ville en raison de la subvention obtenue pour sa construction. Elle visait la revitalisation de la gorge de la rivière Magog. « Il faudrait prendre des ententes avec le gouvernement, mais je pense qu’il serait ouvert à nous écouter », dit Steve Lussier.

Le maire ne peut pas non plus confirmer que le Club de curling déménagera dans la foulée de la reconstruction.

La construction du nouveau pont ne devrait pas perturber la circulation de façon majeure puisque le pont actuel pourra toujours être emprunté pendant les travaux.

Une centaine de places de stationnement devraient être retranchées du stationnement municipal La Grenouillère et du stationnement de la Maison du cinéma pour permettre la déviation de la rue des Grandes-Fourches. Des solutions de remplacement sont envisagées. Denis Gélinas estime par ailleurs que la circulation lourde ne devrait pas emprunter le nouveau tronçon, surtout avec l’achèvement attendu de l’autoroute 410.

Le nouveau pont aurait une durée de vie de 75 ans.