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Une remontée des cas signifie notamment qu’il pourrait y avoir une nouvelle augmentation des hospitalisations liées à la COVID-19.
Une remontée des cas signifie notamment qu’il pourrait y avoir une nouvelle augmentation des hospitalisations liées à la COVID-19.

Plusieurs régions vivent des remontées inquiétantes

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Malgré la propagation plus accélérée des variants dans certaines régions, le Québec continue de « résister » à la troisième vague de la pandémie, affirme François Legault. Mais la prudence est de mise.

« Il y a plusieurs régions où la situation épidémiologique allait bien, puis ça s’est mis à remonter sans qu’on comprenne exactement pourquoi », mentionne le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.

L’Estrie fait bonne figure au Québec en ce moment avec l’un des plus bas taux de cas actifs par 100 000 habitants de toutes les régions qui se trouvent en ce moment en zone orange

Or il y a toute la question des variants qui se font tenaces et insistants et qui cognent à la porte. D’ici un mois, ils pourraient devenir les souches prédominantes à circuler au Québec, selon les projections de l’Institut national de santé publique du Québec comme c’est déjà le cas en Ontario.

Ces variants sont plus transmissibles. S’ils pourraient épargner les CHSLD et les résidences privées pour aînés (RPA) où une majorité des résidents ont reçu un première dose du vaccin, ça pourrait être différent dans les écoles, dans les milieux de travail et dans les hôpitaux où les clientèles vulnérables hospitalisées n’auront pas toutes été vaccinées.

Le Québec a fait un bond mardi de 162 variants confirmés (après le séquençage, une opération longue et complexe), mais le bilan de l’Estrie est demeuré figé à 9 variants confirmés de la Grande-Bretagne sur un total 704 variants confirmés au Québec.

Alors qu’il y a présentement 3423 variants présomptifs (après le criblage) au Québec, il y en a 46 en Estrie.

Il est difficile de comparer à ce chapitre les différentes régions du Québec. Prenons donc quelques exemples.

L’exemple de l’Abitibi-Témiscamingue

Prenons d’abord celui de l’Abitibi-Témiscamingue. Une poignée de cas du variant sud-africain de la COVID-19 sont entrées dans cette région par ailleurs relativement épargnée par la pandémie au mois de février. La Santé publique de la région ignore comment le virus y a fait son entrée. Et puis le virus contagieux s’est répandu comme une trainée de poudre. L’Abitibi-Témiscamingue fait face aujourd’hui à 100 cas confirmés du variant sud-africain et est en attente du résultat de 60 autres cas présomptifs.

Outaouais, Saguenay-Lac-Saint-Jean et Capitale-Nationale 

Et même sans variant, il suffit parfois de peu de nouveaux cas non contrôlés pour voir une flambée de cas dans une région. En ce sens, prenons un autre exemple proche de chez nous. La région de l’Outaouais est « à un cheveu » de retourner en zone rouge, selon le maire de Gatineau alors que le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, a invité les citoyens à se « ressaisir rapidement » pour éviter que la région bascule de nouveau en zone rouge.

Cette région avait pourtant fait figure de bonne élève en basculant en zone orange le 22 février, deux semaines avant l’Estrie et même avant la semaine de relâche.

C’est ironiquement ce jour-là qu’une éclosion s’est déclarée au CHSLD Lionel-Émond : une quarantaine de cas chez les résidents et huit décès, plus une quinzaine de cas chez les employés. Puis il y a eu des éclosions ailleurs. La région vient notamment de faire face à une explosion de cas dans les écoles, entre autres. La Santé publique de l’Outaouais a dû déployer une clinique mobile de dépistage dans une école primaire, et en fermer deux autres.

« C’est un peu la même situation au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans la région de la Capitale-Nationale, où le nombre de cas avait baissé aussi, et qui assistent à des remontées sans que ce soit à cause des variant », mentionne le Dr Alain Poirier.

Remontée dans Chaudières-Appalaches

Puis il y a la région de Chaudières-Appalaches où il n’y a aucun variant confirmé mais 103 variants présomptifs lors du bilan de mardi. Pendant quelques semaines à la fin février et au début mars, la région de Chaudière-Appalaches faisait mieux que l’Estrie en termes de bilans quotidiens. Or depuis deux semaines, les cas quotidiens sont repartis à la hausse, avec une pointe de 33 cas ce mardi, un pic qui n’avait pas été atteint depuis le début février.

Pendant ce temps, des régions comme l’Estrie et la Mauricie-Centre-du-Québec résistent. Les éclosions sont à la baisse, la transmission dans la communauté se fait plus discrète, les moyennes mobiles des nouveaux cas diminuent sans cesse.

« Si seulement on comprenant pourquoi la situation épidémiologique est favorable ici alors qu’elle se dégrade dans d’autres régions, on pourrait mieux prédire ce qui va passer. Mais on ne peut pas prédire. On l’a appris avec cette pandémie », mentionne le directeur de la Santé publique de l’Estrie.