Alain Poirier
Alain Poirier

Plusieurs jeunes positifs en Estrie

Une dizaine de personnes ont été infectées par le coronavirus au cours de la dernière semaine en Estrie. Plusieurs des malades sont des jeunes. «On veut passer des messages auprès des jeunes qui se sentent Superman et qui ne se croient pas concernés par le virus», indique en entrevue le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

De 1er au 7 juillet, douze personnes ont été testées positives dans la grande région sociosanitaire de l’Estrie. Dans les huit jours précédents, il n’y avait eu aucun cas positif dans la région.

À LIRE AUSSI: Treize morts s’ajoutent au bilan de la COVID-19 au Québec

Arruda évalue «très fortement» le port du masque obligatoire

« Durant la première vague, nous avons beaucoup parlé des personnes âgées dont le système de défense est affaibli et qui décèdent de la complication de la maladie. Mais ce virus cause aussi des problèmes chez des patients plus jeunes », signale le Dr Poirier.

Le directeur national de santé publique Horacio Arruda a aussi déploré mardi après-midi les fêtes imprudentes entre jeunes qui ont entraîné des dizaines d’infections en Montérégie dans les derniers jours. « Ce relâchement-là peut être la source d’une flambée dans la communauté », a insisté le Dr Arruda.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie travaille tous les jours avec une soixantaine de personnes qui ont combattu la maladie après une importante éclosion dans les bureaux de la Santé publique de l’Estrie. Si les travailleurs sont de retour au travail et sont officiellement guéris, quelques-uns ont encore des séquelles de la maladie.

« Certains n’ont toujours pas retrouvé l’odorat. Ça peut sembler banal, mais quand on aime bien manger, ce n’est pas sans conséquence! Une des personnes ne peut plus boire une bière parce que ça lui donne mal au cœur. Il y en a qui sont encore très fatigués, qui doivent faire jusqu’à plusieurs siestes par jour. D’autres ont encore des douleurs musculaires », donne-t-il en exemple.

D’autres conservent des séquelles au niveau pulmonaire, qui pourraient prendre des mois avant de cicatriser et de complètement s’estomper.

Et même s’ils n’ont rien de tout ça, les jeunes qui attrapent le coronavirus doivent quand même être isolés pendant au moins deux semaines. « En plein été, c’est plate de ne plus voir personne et de devoir rester dans son sous-sol! Et deux semaines, c’est quand tout va bien. Il y a des gens qui doivent rester isolés beaucoup plus longtemps parce que les symptômes sont persistants », souligne le Dr Poirier.


« Nos jeunes ici ne sont pas différents de ceux d’ailleurs. »
Alain Poirier

Et puis il y a tous les impacts chez les proches et chez les employeurs de ces jeunes… 

« Imaginez le branle-bas de combat que ça cause quand un animateur d’un camp de jour est testé positif au coronavirus… », lance le Dr Poirier.

C’est justement ce qui s’est produit à Granby lundi alors qu’un animateur du camp de jour Club Vacances Jeunesse a été déclaré positif. « Il semble que le jeune animateur ait attrapé la maladie à l’extérieur du camp de jour. Avec les mesures de distanciation physique entre lui et les enfants, on espère qu’il n’y aura pas d’autres cas. Mais s’il y en a, grâce aux mesures que nous avons mises en place, notamment avec les groupes de jeunes qui ne se croisent pas, il n’y en aura pas 40 non plus », espère le directeur de la Santé publique.

Quelques jeunes touchés par le coronavirus au cours des derniers jours ont été en lien avec le party réunissant une soixantaine de jeunes à Saint-Chrysostome, en Montérégie.

« Ça, c’est une histoire, mais nos jeunes ici ne sont pas différents de ceux d’ailleurs. Ils ont envie de fêter, d’être ensemble. Des partys dans des résidences privées, il y en a eu ici aussi », mentionne-t-il.

La dernière fin de semaine a été marquée par un relâchement des mesures sanitaires au Québec. Il faudra patienter encore plusieurs jours pour voir l’impact sur le nombre de cas positifs.

« On ne s’attend pas à une explosion de cas, mais il pourrait y avoir une augmentation du nombre de tests positifs. L’incubation est généralement de cinq à sept jours », rappelle le Dr Poirier.