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La conseillère du district du Carrefour Évelyne Beaudin a dénoncé le maire Steve Lussier sur Facebook la semaine dernière.
La conseillère du district du Carrefour Évelyne Beaudin a dénoncé le maire Steve Lussier sur Facebook la semaine dernière.

Plusieurs conseillers déplorent le geste du maire Lussier

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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« Le geste qui a été posé est inacceptable! » Plus de 48 heures après la sortie de la conseillère Évelyne Beaudin, plusieurs élus municipaux ont dénoncé la situation, dimanche après-midi, selon laquelle un avis juridique aurait été produit par le maire dans le but « d’intimider » la représentante du district du Carrefour à la Ville de Sherbrooke.

La sortie publique du conseiller Vincent Boutin sur les réseaux sociaux a inspiré d’autres conseillers à en faire autant. En fin d’après-midi, la conseillère du district de Rock Forest Annie Godbout dénonçait la situation à son tour.

« Tout d’abord, mettons quelque chose au clair dès le départ : l’utilisation d’un avis juridique pour exclure un membre du conseil municipal dans le cadre d’un atelier de travail est définitivement un geste inacceptable! D’ailleurs, une majorité d’élus ont clairement manifesté leur désaccord face à cette situation lors de la soirée de travail prévu le 30 novembre dernier puisque la rencontre a dû être ajournée. Les réponses devraient toujours être politiques et non pas juridiques », mentionne-t-elle. 

Mme Godbout ajoute que le respect des opinions divergentes, l’écoute, l’ouverture d’esprit et la recherche de compromis devraient se trouver au centre des objectifs de la Ville de Sherbrooke.

« J’invite le maire Lussier à s’assurer du bon fonctionnement du conseil municipal. J’invite également notre collègue Beaudin à nous considérer comme des collègues et non des adversaires. Qu’elle continue à défendre ses valeurs et ses concitoyens et concitoyennes avec autant d’énergie! Le tout, dans une ambiance respectueuse et de confiance. »

Liberté d’expression

Le conseiller du district du Pin-Solitaire, Pierre Avard, a également tenu à commenter la situation. Selon lui, le débat tourne aussi autour de la liberté d’expression. « En démocratie, c’est le choc des idées qui fait avancer les choses. Le fait qu’on veuille exclure Mme Beaudin des conversations, c’est complètement inacceptable! »

« On n’a pas à utiliser des moyens légaux pour faire de l’intimidation. J’ai effectivement l’impression que c’était l’objectif et jamais je ne vais cautionner ces façons de faire. »

M. Avard explique également avoir du mal à comprendre quels seraient les conflits d’intérêts de Mme Beaudin dans le dossier du chemin Rhéaume. Il se dit lui-même contre le projet depuis le début. « On est là pour représenter les citoyens », rappelle-t-il.

Le conseiller du district du Golf, Marc Denault, avait également voté contre le projet du chemin Rhéaume. Il fait partie de ceux qui ont exprimé un certain inconfort à ce que Mme Beaudin ne soit pas « autour de la table » le 30 novembre dernier pour parler du dossier.

« Je me verrais bien mal être exclu des discussions entourant Bitfarms alors que mon rôle est de représenter les citoyens dans ce dossier. C’est la même chose pour Mme Beaudin. »

M. Denault indique également n’avoir jamais vu autant d’avis juridiques, de mises en demeure et de demande d’excuses publiques au cours d’un mandat à la mairie.

« Si Mme Beaudin indique ne pas avoir de conflit d’intérêts et que monsieur le maire ne la croit pas, il n’a qu’à la laisser siéger et à porter plainte. On verra alors la décision qui sera rendue. Pour l’instant, on ne fait que perdre du temps et on pénalise l’ensemble de la population », déplore-t-il.