La Santé publique de l’Estrie a dû chercher l’équilibre entre les risques liés à la canicule et ceux liés à la COVID en cette deuxième semaine de canicule qui frappe l’Estrie.
La Santé publique de l’Estrie a dû chercher l’équilibre entre les risques liés à la canicule et ceux liés à la COVID en cette deuxième semaine de canicule qui frappe l’Estrie.

Plus que 12 Estriens infectés

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Depuis un mois, la COVID-19 continue de ne toucher que quelques personnes supplémentaires chaque semaine en Estrie. Dans la dernière semaine, le bilan est en effet passé de 942 à 948 cas. Trois de ces nouveaux cas ont été ajoutés au bilan vendredi dans les MRC de la Haute-Yamaska, de la Pommeraie et de Sherbrooke.  

Toutefois, voilà une bonne nouvelle qu’il ne faut pas manquer de souligner : 911 personnes sont maintenant rétablies. On compte donc maintenant seulement 12 Estriens toujours infectés par le coronavirus.

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Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a pourtant prélevé 1704 tests en Estrie entre le 11 et le 18 juin.

La semaine qui s’achève aura été marquée par le début d’une deuxième vague de chaleur intense. Cette canicule s’est installée progressivement sur le sud de la province dès mardi et elle est là pour rester. En effet, l’avertissement de chaleur intense transmis par Environnement Canada, d’abord émis jusqu’à dimanche, a été prolongé jusqu’à mardi en Estrie.

Dans ce contexte de pandémie, la Santé publique de l’Estrie a dû chercher l’équilibre entre les risques liés à la canicule et ceux liés à la COVID.

C’est ainsi que, jeudi, la Direction de santé publique a accordé aux municipalités une dérogation pour ouvrir des zones de fraîcheur. La Ville de Sherbrooke a donc ouvert le centre communautaire et culturel Françoise-Dunn pour les gens voulant trouver un peu de fraîcheur et fuir la chaleur accablante. Les jeux d’eau situés au parc Belvédère et au parc de Saint-Boniface sont ouverts. Les piscines publiques doivent ouvrir samedi. Les personnes incommodées par la chaleur peuvent également fréquenter les centres commerciaux qui sont ouverts.

Prudence toujours!

La semaine de la COVID-19 a aussi été marquée en Estrie par le bilan dressé par la Santé publique de l’Estrie, trois mois après qu’on ait repéré le premier patient malade dans la région.

Rappelons qu’après avoir craint le pire lors de l’arrivée du nouveau virus de la COVID-19 en février 2020, l’Estrie a réussi à aplatir sa courbe et est passée du premier rang des régions contaminées au neuvième rang.

« On constate que les groupes qui ont le plus contracté l’infection sont les adultes d’âge moyen, âgés de 18 à 49 ans, alors que les groupes qui ont le plus développé une forme sévère de la maladie sont les adultes de 70 ans et plus. En contrepartie, les personnes de moins de 18 ans sont moins à risque de développer la maladie ou d’en être sévèrement affectées », a spécifié la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil à la direction de la Santé publique de l’Estrie.

Une des données les plus marquantes de cette étude est sans contredit l’origine probable de l’endroit où les gens se sont infectés. En effet, les enquêtes épidémiologiques effectuées par la Santé publique de l’Estrie ont permis de démontrer qu’un peu plus d’une personne sur quatre s’est infectée dans son milieu familial, c’est-à-dire auprès d’une personne avec qui elle habite.

« Ce portrait des premiers mois de la COVID-19 confirme que le virus se transmet facilement au sein d’une population qui n’est pas immunisée. Si la maladie n’est pas reconnue et prise en charge rapidement, la présence d’un seul cas dans un milieu peut mener à une éclosion, surtout lorsque les mesures de distanciation physique, d’hygiène et de protection ne sont pas rigoureusement appliquées », soutient la Dre Mélissa Généreux.

Celle-ci invite donc la population à faire preuve d’une très grande prudence alors que le déconfinement de la population se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu. Il faut notamment faire attention aux rassemblements familiaux ou entre amis, où il est plus facile d’oublier les consignes de la Santé publique et de faire « comme avant ».

« Une seule personne peut en contaminer plusieurs et nous l’avons bien démontré avec nos enquêtes épidémiologiques en Estrie », ajoute la Dre Généreux.