Des locataires d’un immeuble de l’Office municipal d’habitation de Sherbrooke (OMHS) s’inquiètent du nombre croissant d’insectes dans leur immeuble.
Des locataires d’un immeuble de l’Office municipal d’habitation de Sherbrooke (OMHS) s’inquiètent du nombre croissant d’insectes dans leur immeuble.

Plus d’insectes, moins de concierges dans les immeubles de l’OMHS

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Des locataires d’un immeuble de l’Office municipal d’habitation de Sherbrooke (OMHS) s’inquiètent du nombre croissant d’insectes dans leur immeuble et aimeraient sensibiliser l’organisme à cette réalité avant que le problème s’aggrave.

« Je crois que l’Office municipal d’habitation fait preuve de négligence au niveau de l’entretien de l’immeuble. Ça fait plusieurs fois que je les contacte pour souligner l’invasion d’araignées dans les airs communs de l’immeuble et rien ne change. On ne parle pas encore d’insalubrité, mais vaut mieux prévenir », explique un locataire qui souhaite demeurer anonyme.

L’OMHS soutient que c’est la pandémie qui provoque un certain relâchement. « Comme vous le savez très bien, nous sommes toujours en temps de COVID-19 et nous devons continuer à désinfecter les aires communes de l’ensemble du parc immobilier. Il y a donc certaines tâches qui ne peuvent être faites, faute de temps. Nous avons privilégié les microbes aux araignées, ces dernières ne font heureusement mourir personne », s’est fait répondre le locataire par une employée de l’OMHS dans une communication écrite.

« On me répond même avec un certain mépris. Personne ne choisit de vivre dans un immeuble de l’OMH, on est tous malades ou maganés. Mais on dirait que l’OMH oublie qu’il est un filet social. On nous traite avec un rapport de force », note celui qui habite l’immeuble depuis plusieurs années.

« Je trouve que la COVID-19 a le dos large parce que je n’ai pas l’impression qu’ils désinfectent tant que ça », note le locataire.

« Je trouve que la COVID-19 a le dos large parce que je n’ai pas l’impression qu’ils désinfectent tant que ça », note le locataire.

Un autre locataire croisé dans le corridor soutient qu’il a un problème avec des poissons d’argent. « J’ai dû en sortir 200 de mon appartement. Ça fait des mois que les gens de l’OMH sont supposés venir régler ça et qu’ils ne viennent pas. Et pour les araignées, c’est moi qui ai tout nettoyé la semaine passée la porte extérieure pour pas qu’elles entrent. Ça ne devrait pas être à moi de faire ça», note le deuxième locataire de l’immeuble, qui compte une quarantaine d’appartements. 

Les deux locataires se souviennent aussi d’un problème de coquerelles il y a quelques semaines dans la salle commune de l’immeuble.

Manque de main-d’œuvre

« C’est certain qu’il y a des insectes, car nous sommes en saison estivale. Des araignées et autres petites bestioles qu’on retrouve dans les domiciles se retrouvent aussi dans nos immeubles. Oui, on aimerait en faire plus, je ne dis pas que notre ménage est 100 % correct, mais présentement on est dans un contexte où c’est plus difficile d’atteindre ces standards, car on concentre nos tâches sur le volet sanitaire et la désinfection des surfaces très touchées, comme les poignées et les boutons d’ascenseur », explique la directrice de l’OMHS, Marie-Claude Bégin.

Le manque de main-d’œuvre, en partie causé par la pandémie, engendre des soucis. « Mes postes de concierges ne sont pas tous comblés et on est incapable de le faire. J’ai trois postes vacants, ce qui représente 33 % de mon personnel puisque mon équipe de concierges compte dix postes. Les effets collatéraux de la COVID-19 se font sentir. Certains sont en arrêt de travail à cause des conséquences psychologiques. D’autres ont de la difficulté avec le port du masque ou de la visière », ajoute la directrice de l’OMHS, précisant que la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a aussi ses effets.

« Je ne nie pas son utilité, mais la PCU est plus fructueuse que le salaire pour certains emplois chez nous alors ça rend plus les choses difficiles évidemment. Par conséquent, on ne peut pas tout faire. Par contre, s’il y avait des punaises de lit ou des blattes, elles seraient traitées de façon prioritaire. On fait affaire avec un sous-traitant dans ces cas alors la main-d’œuvre n’est pas un enjeu», souligne Mme Bégin.

Pour ce qui est des relations avec les locataires, la directrice de l’OMHS souligne qu’il y a une bonne collaboration en général. «La réponse de l’employée était peut-être malhabile, je l’admets, mais ce n’est pas dans nos valeurs de dénigrer la clientèle. Au contraire, nous la respectons », conclut celle qui travaille pour l’OMHS depuis 20 ans.