Les dimanches gratuits ont un impact positif sur le nombre de visiteurs au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

Plus de visiteurs dans les musées

La gratuité du premier dimanche de chaque mois dans les musées du Québec a un impact positif sur le nombre de visiteurs. Beaucoup de gens sont au courant de la mesure, même si elle n’est pas très publicisée.

« Durant les deux premiers dimanches gratuits, on a eu un très bon achalandage, assure Michelle Bélanger, directrice générale au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke et présidente de la Société des musées du Québec. Les gens savaient que c’était gratuit. On reçoit beaucoup d’appels ou des messages Facebook la semaine précédente pour nous demander si on est ouvert. »

« On constate que c’est une clientèle qui en est à sa première visite au musée, précise-t-elle. C’est bien parce qu’on se dit qu’ils vont peut-être revenir lorsque la programmation va changer. Et pour avoir parlé à d’autre directeur d’institutions muséales à Sherbrooke, c’est la même chose de leur côté. »

Michelle Bélanger se donne jusqu’au mois d’octobre pour évaluer l’impact réel de cette mesure. 

« Le dimanche de juillet est tombé sur la fête du Canada, en septembre, ce sera la veille de la fête du Travail et en octobre ce sera l’Action de grâce alors on veut évaluer sur une plus longue période pour avoir un échantillon plus représentatif », mentionne-t-elle.

Rappelons qu’à présent les musées québécois qui reçoivent une aide financière du ministère de la Culture sont gratuits un dimanche par mois. Cette mesure vise à faciliter et favoriser l’accès des Québécois à leur culture, a fait valoir la ministre de la Culture, Marie Montpetit, lors d’un entretien avec La Presse canadienne en juin.

Parfois réducteur

Malgré cette hausse de visiteurs, Michelle Bélanger a encore plusieurs réserves quant à l’utilité réelle d’une telle mesure.

« On ne croit pas dans le milieu muséal que l’accès gratuit à la culture est une façon d’inciter les gens à en consommer, indique-t-elle. En Angleterre par exemple, on pouvait avant visiter les musées gratuitement, mais ça ne faisait pas consommer aux gens un autre type de culture. L’objectif de cette politique est que les gens viennent au musée, aiment ça et décident d’aller à un spectacle ou au théâtre. Mais ce n’est pas nécessairement le cas. » 

Plusieurs inquiétudes subsistent également quant à l’impact réel sur la viabilité à long terme des musées.

« Je ne vous cacherai pas qu’il y a des inquiétudes, admet-elle. On est remboursé pour les droits d’entrée, mais il faut aussi payer du personnel supplémentaire. On s’interroge à savoir comment on va se faire rembourser pour ça. Pour l’instant, c’est positif pour ces dimanches, mais est-ce que les gens vont déserter le musée le reste du mois? Est-ce qu’il y aura des pertes au niveau du membrariat? Ce sont toutes des choses à évaluer, mais l’été n’est pas le meilleur moment pour le faire. »

Selon Mme Bélanger, l’ouverture vers la culture doit se faire en bas âge et de concert avec toutes les institutions culturelles.

« Pourquoi on ouvre seulement les musées? questionne-t-elle. Pourquoi est-ce que le théâtre, l’opéra ou le cinéma ne seraient pas gratuits eux aussi un dimanche par mois? D’envoyer le message que le musée est ouvert gratuitement, c’est parfois réducteur pour ce que c’est vraiment, pour ce que ça coûte et pour les employés qui le font vivre. »

Vive la pluie

La météo exceptionnelle de la saison estivale a toutefois un impact négatif sur l’achalandage global qui est moins élevé que l’an dernier. Les journées pluvieuses se font rares, mais ont été très payantes pour le Musée de la nature et des sciences.

« On a eu près de 650 visiteurs lors d’une journée pluvieuse, lance Mme Bélanger. Quand la pluie arrive, ça nous aide. L’an dernier, on avait eu une météo exécrable, mais pour nous, ç’a été une année incroyable. »