Au petit matin ou en fin de journée, il n’est pas rare de remarquer la présence d’hommes et de femmes sous le viaduc de la rue Galt qui surplombe la rue Wellington Sud juste à côté du partage Saint-François.
Au petit matin ou en fin de journée, il n’est pas rare de remarquer la présence d’hommes et de femmes sous le viaduc de la rue Galt qui surplombe la rue Wellington Sud juste à côté du partage Saint-François.

Plus de traces mais pas plus d’itinérance à Sherbrooke

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Les couvertures, oreillers, manteau et détritus sous le pont Joffre, les abris de fortune en bordure de la rivière Saint-François ou les feux de camp au bord de la rivière Magog ou au mont Bellevue sont autant de traces laissées par les personnes itinérantes au cours de l’été un peu partout à Sherbrooke.

Au petit matin ou en fin de journée, il n’est pas rare de remarquer la présence d’hommes et de femmes sous le viaduc de la rue Galt qui surplombe la rue Wellington Sud juste à côté du Partage Saint-François.

Le directeur général du Partage Saint-François de Sherbrooke, Sébastien Laberge, croit qu’il n’y a pas plus de personnes dans la rue.

« Nous constatons plusieurs changements parce que les repères habituels ont été modifiés au cours des derniers mois », indique M. Laberge. 

Il explique cependant le beau temps de l’été 2020 a peut-être incité certaines personnes à rester à l’extérieur. 

Ce dernier remarque un certain problème sur le plan de la consommation étant donné que des personnes en situation d’itinérance ont bénéficié de l’argent de la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

« Cet argent a servi pour certains à consommer davantage. Ils ont ainsi préféré faire du camping que se rendre dans les services d’hébergement. C’est certain que nous avons connu un été différent parce que de nombreuses habitudes ont changé. Il y a eu un changement dans les comportements pour ceux qui passaient de l’aide sociale à un chèque supplémentaire de 2000 $ par mois de PCU », estime Sébastien Laberge.

Ce dernier confirme que le Partage Saint-François demeure rempli.

Au petit matin ou en fin de journée, il n’est pas rare de remarquer la présence d’hommes et de femmes sous le viaduc de la rue Galt qui surplombe la rue Wellington Sud juste à côté du Partage Saint-François.

La Coalition préoccupée

Sans commenter directement ce phénomène, la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue se dit préoccupée par la dégradation générale des conditions de vie des personnes itinérantes.

« Nous remarquons une augmentation de la consommation. Sans compter que les stupéfiants qui circulent dans la rue ne sont pas de bonne qualité. L’envers de la médaille des perquisitions de stupéfiants et de la fermeture des frontières demeure que les stupéfiants en circulation sont de mauvaise qualité », constate le directeur général de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, Étienne Bélanger-Caron.

La Ville de Sherbrooke confirme que des gardiens de parc ont noté plus d’expulsion des parcs après l’heure de fermeture à 23 h. Plus de traces de feux de camp ont aussi été remarquées dans les parcs notamment au mont Bellevue.

Dans un cas comme dans l’autre, la Ville de Sherbrooke ne peut cependant faire de lien entre ces constats et un problème d’itinérance plus important.

Sans relier directement ces interventions avec les personnes itinérantes, le Service de police de Sherbrooke a reçu plus d’appels pour des états mentaux perturbés.

« Nous ne sommes pas capables d’établir une corrélation avec le phénomène d’itinérance. Nous assurons un suivi régulier avec le Partage Saint-François. Nos patrouilleurs à vélo ont remarqué que des gens campaient de part et d’autre des berges de la Saint-François entre l’école de la Montée et la prison. Certains abris ont été démantelés, mais nous ne sommes pas capables de dire que la situation s’est détériorée », explique la porte-parole du SPS, Isabelle Gendron.