Le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin.

Plus de place pour les arts et la culture

Les arts à l'école pourraient prendre davantage de place grâce à la formation des futurs enseignants. C'est le pari que fait l'Université de Sherbrooke en lançant un projet-pilote où l'enseignement des arts et de la culture prendra plus d'importance dans la formation des maîtres. Le projet a été dévoilé, vendredi, par le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin. Si les retombées sont positives, l'initiative pourrait s'étendre dans l'ensemble de la province.
Pour les trois premières années du baccalauréat (sur quatre au total), tous les étudiants en enseignement recevront une carte du Centre culturel de l'UdeS leur permettant d'assister chaque année à au moins deux spectacles.
Un cours à l'automne et un cours à l'hiver (minimalement) feront des liens directs avec les spectacles auxquels ils auront assisté. Les étudiants recevront aussi différentes formes d'accompagnement, par exemple par l'entremise de rencontres avec des enseignants qui font la part belle au culturel dans leur classe.
Ces mesures intégrées dans leur formation feront l'objet d'une vaste étude.
« Ce qu'on souhaite faire, c'est vraiment une enquête longitudinale. On va suivre la cohorte de première année pendant les trois ans du projet et on va essayer de documenter les pratiques culturelles actuelles des futurs enseignants. Ensuite, un an plus tard, avec ce qu'on a offert comme spectacles, comme accompagnement, on va voir où ils en sont après l'an deux et l'an trois. En plus, on va faire l'enquête auprès des quatre cohortes d'un coup [...] Notre hypothèse, c'est que les interventions mises en place feront en sorte que leurs pratiques culturelles seront plus nombreuses, plus riches, que leur conception des liens culture-éducation va être plus favorable à leur rôle de passeurs culturels », explique Martin Lépine, professeur en didactique du français à la faculté d'éducation de l'UdeS.
Ce sont donc quelque 1500 étudiants par année inscrits dans quatre programmes différents qui seront mieux outillés afin d'intégrer la culture dans leur classe.
Quelle est la place de l'enseignement des arts dans la formation des futurs enseignants en ce moment?
« Actuellement, c'est davantage à la pièce [...] C'est comme si la culture est un peu partout... et nulle part », lance M. Lépine, qui fait le lien avec l'éducation à la sexualité.
« Tout le monde voit à enseigner l'éducation à la sexualité, mais puisque tout le monde doit le faire, personne ne le fait. La culture c'est un peu ça : elle est partout et nulle part à la fois. »
Pourquoi y a-t-il peu de culture dans les classes? La question de la formation des maîtres est ressortie lors de la consultation publique pour le renouvellement de la politique culturelle, fait valoir le ministre Fortin.
« Beaucoup d'intervenants nous ont dit qu'ils n'avaient pas une sensibilité assez marquée pour être de bons passeurs de culture. Ce commentaire a été très récurrent dans la consultation. Si on veut que nos enseignants utilisent la culture comme outil pédagogique, il faut revoir un peu la formation. »
Le but est de faire en sorte que les enseignants deviennent de « meilleurs passeurs de culture ».
L'étude menée par l'institution permettra de mesurer les retombées du projet. « On souhaite que les conclusions soient intéressantes, que ça amène des changements positifs pour pouvoir étendre ce projet à l'ensemble du Québec », note Luc Fortin.
L'initiative voit le jour grâce à un investissement de 150 000 $ de Québec. Cette somme provient d'un programme dont l'annonce a été faite en décembre dernier avec le ministre à l'Éducation Sébastien Proulx. L'UdeS investit 75 000 $, en plus d'une somme de 18 000 $ en biens et services.