Le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Daniel Picard, mentionne que le nombre de projets importants à la Ville justifie le nombre de cadres embauchés.
Le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Daniel Picard, mentionne que le nombre de projets importants à la Ville justifie le nombre de cadres embauchés.

Plus de cadres malgré l’optimisation à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke avait réduit son nombre de cadres à temps plein à 178, en 2017, notamment dans la foulée de l’optimisation. En 2019, ils étaient 191, soit deux de plus qu’en 2013, avant l’exercice de rationalisation. Selon le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Daniel Picard, la Ville s’est vraisemblablement aperçue qu’elle avait trop coupé alors que le poids des projets importants se faisait de plus en plus lourd.

Ce constat est survenu à la suite d’une question du citoyen Jalil Azzane, un habitué des conseils municipaux, qui avait fait un exercice de comparaison des rapports financiers municipaux de 2013 à 2019. En divisant la rémunération totale des cadres et contremaîtres par le nombre d’employés occupant ces postes, il semblait relever une augmentation importante du salaire moyen des cadres, particulièrement entre 2017 et 2019.

Les chiffres consultés par M. Azzane, publics sur le site de la Ville de Sherbrooke, laissent effectivement croire que le salaire moyen des cadres aurait grimpé de 11 000 $ entre 2017 et 2019. Daniel Picard explique néanmoins que cette interprétation est erronée puisque les chiffres présentés dans le rapport annuel ne représentent pas précisément le salaire réel des cadres. 

« Il faut comprendre que le processus d’augmentation de salaire est le même pour les contremaîtres ou les cadres que pour les autres employés. Il est dicté par les conventions collectives », résume M. Picard. Les hausses de salaire se sont donc situées entre 2 % et 2,5 % par année depuis 2013. 

« Il est donc clair que le cadre financier n’a pas pu générer la hausse que vous mentionnez dans votre question », répond le directeur général. « Il faut aussi penser que les employés sont sujets à la progression d’échelon, ce qui s’ajoute à leur salaire. »

Dans le même sens, l’ajout de main-d’œuvre est toujours entériné par le conseil municipal. « Chaque fois, les élus jugent que l’ajout de ressources en nécessaire pour le bon fonctionnement de la ville. C’est super contrôlé. »

Daniel Picard précise encore que les chiffres inscrits au rapport financer sont des proportions, et non la rémunération exacte des employés. « On divise la rémunération totale par le nombre d’employés. Ça donne une représentativité, mais ça tient compte du temps supplémentaire, des règlements de grief, des notions qui ne s’appliquent pas aux cadres mais qui se retrouvent dans la rémunération totale. 

« Le nombre d’employés à la Ville a monté dans les dernières années, mais il faut regarder le nombre de permanents. Il y a une effervescence qui entraîne la présence de plus de contractuels. En 2017, on avait 178 cadres permanents alors qu’on en compte 191 maintenant. Ça nous laisse croire que l’optimisation était peut-être plus une question de chiffres que de ce que le système pouvait prendre. On est peut-être allé trop loin dans les coupures. »

L’équipe du développement du territoire a changé et le Bureau de l’environnement a été créé, notamment, ce qui explique une partie du mouvement de personnel.

M. Picard avance que Sherbrooke se situe au 10e rang parmi les grandes villes pour la rémunération globale alors qu’elle occupe le 6e rang en fonction de sa taille. 

« La situation n’est pas hors de contrôle. »