Un peu plus de 350 étudiants du programme coopératif de l’Université de Sherbrooke n’ont pas de stage en milieu de travail, dans le contexte de la COVID-19.
Un peu plus de 350 étudiants du programme coopératif de l’Université de Sherbrooke n’ont pas de stage en milieu de travail, dans le contexte de la COVID-19.

Plus de 350 stages à dénicher à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Un peu plus de 350 étudiants du programme coopératif de l’Université de Sherbrooke n’ont pas de stage en milieu de travail, dans le contexte de la COVID-19. L’institution ne baisse cependant pas les bras.

Quelque 356 stagiaires n’ont pas déniché de stage, sur une possibilité de 1967 stages au total. Les 356 étudiants ont fait part de leur volonté à poursuivre les démarches pour le moment.

Selon la vice-rectrice aux études de l’UdeS, Christine Hudon, le taux de placement actuel est d’environ 82 %, alors qu’habituellement, il est de 98 %. « Si on se compare aux autres universités canadiennes qui ont un programme coop, leur taux est de 51 % », note Mme Hudon.

La saison estivale est la période forte pour les stages du programme coopératif, dans une kyrielle de disciplines : génie, sciences, communications, etc.

Les raisons des employeurs de ne pas prendre de stagiaire sont multiples : impossibilité, dans le secteur manufacturier, de faire du télétravail, difficultés de supervision à distance, etc. « On est vraiment très flexible sur le début du stage », note Mme Hudon, en soulignant que l’UdeS se montre aussi flexible entre autres sur la durée. Un programme de subvention fédérale, qui paie jusqu’à 75 % du salaire, pourrait toutefois convaincre certains employeurs. Alors que des étudiants devaient entrer en milieu de travail le 4 mai, l’institution se donne encore quelques semaines pour tenter de dénicher d’autres stages.

L’UdeS offre 48 programmes coopératifs dans différentes disciplines. Qu’arrivera-t-il si un étudiant ne peut faire son stage? Un étudiant qui n’a pas fait un stage qu’il devait faire cet été pourrait quand même avoir la mention « coop » à la fin de son baccalauréat. Les situations varient dans les différentes disciplines : en communications, par exemple, trois stages sont requis; en génie, cinq. « En génie, c’est un exemple où le fait de ne pas avoir de stage n’aura pas d’incidence sur la mention coop. »

« Le défi va être là à l’automne. On voit les annonces, il y a une partie du secteur économique qui redémarre. On va faire preuve de la même flexibilité. »

Virginie Roy devait faire un stage chez Tourisme Cantons-de-l’Est, un milieu où elle souhaitait vraiment aller, mais il a été annulé.

« La plus grosse conséquence, c’est certain que c’est surtout financier. Mon stage devait commencer le 4 mai. Mon budget était prévu en fonction de cette date. Là, en plus de perdre un stage que je visais depuis que je suis entrée dans le bac, je ne sais pas du tout quand la prochaine entrée d’argent va avoir lieu. Les prêts et bourses ne rentrent pas cet été puisque j’étais censée avoir un stage et que je n’ai pas de cours. Pour l’instant, on ne sait pas quand la PCU (prestation canadienne d’urgence) pour les étudiants entrera en vigueur et le fonds d’urgence de l’Université n’est pas encore admissible pour nous », précise Virginie. 

L’étudiante en communication appliquée, cheminement communication COOP en est à son deuxième stage (sur trois) et aura deux entrevues mercredi.

Interrogée sur la situation financière des étudiants en raison des reports de stage, Mme Hudon note que l’institution veut étudier l’ensemble des paramètres de la PCU aux étudiants. L’institution souhaite que le fonds d’urgence de l’UdeS soit complémentaire à ce qui est offert aux étudiants en subventions.

« On veut travailler en complémentarité pour aider le plus d’étudiants possible. » Plus de 1 M $ ont été amassés dans ce fonds.

Par ailleurs, la session d’hiver est maintenant terminée. La remise de la note finale aura lieu en mai, selon les professeurs. Les étudiants, comme convenu, pourront choisir entre une note comme A, B, C... ou encore la mention « réussite » ou « abandon ».