Plus de 100 personnes dans les rues pour lutter contre le racisme

SHERBROOKE — Une centaine de personnes ont pris d’assaut les rues du centre-ville de Sherbrooke samedi pour lancer un message : plusieurs formes de racisme courent toujours, et on se doit de changer notre comportement.

« On pense qu’en ce moment il y a un discours xénophobe, on a peur des immigrants et immigrantes, ils sont supposément un danger pour nous. Nous on pense qu’on a amplement les moyens de les accueillir mieux, puis d’en accueillir même plus. On veut l’ouverture des frontières », explique Guillaume Manningham, membre et co-porte-parole du collectif Esemble avec les personnes migrantes contre le racisme.

Cette manifestation est l’initiative de ce collectif, qui a pour but de sensibiliser, oui, mais surtout de dénoncer solidairement toutes les formes de racisme encore présentes aujourd’hui.

Le co-porte-parole Guillaume Manningham

« Notre objectif est de sensibiliser tout le monde à sortir de ce discours, un discours mortifère où on voit les migrants comme une menace. Au contraire, ils nous apportent beaucoup. Puis, nos sociétés aujourd’hui, c’est cette diversité-là. On veut montrer qu’on peut produire un autre discours », ajoute Michèle Vatz Laaroussi, co-porte-parole du collectif.

Selon elle et les autres membres, il existe un racisme systémique dans notre société, qui prend racine par la relation coloniale que nous avons avec les premières nations

« Le Canada s’est bâti sur le vol des terres des premières nations. Ils ont des taux d’incarcération beaucoup plus élevés. C’est ce racisme systémique là qu’on veut dénoncer », souligne M. Manningham.

« Le racisme, c’est toutes sortes de petits comportements. C’est systémique dans nos lois, nos organisations, nos systèmes. Mais c’est aussi tous les comportements du quotidien. Tout le monde peut réfléchir un peu et se dire que finalement, il peut adopter un autre comportement », insiste quant à elle Mme Vatz Laaroussi.

Julien Daigneault, Maxime-Olivier Guimond, Alexandre Guimond et Erika Faucher, étudiants à l'Université de Sherbrooke, étaient parmi les quelques 100 personnes présentes à la manifestation.

Après le parcours, qui commençait au Marché de la gare pour se terminer à l’hôtel de ville, les manifestants se sont rassemblés pour discuter d’autres façons de rejoindre les citoyens, et de leur passer un message. Le collectif est en recherche constante de moyens afin d’abolir le racisme.

« Il ne faut pas que ça s’arrête là, parce que le racisme ne va pas s’arrêter là. C’est une lutte contre nos préjugés », termine Mme Vatz Laaroussi.

Le manifestant Abdelaziz Laaroussi