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La salle intermédiaire prévue au centre-ville de Sherbrooke pourrait faire l’objet de dépassements de coûts liés à la COVID.
La salle intermédiaire prévue au centre-ville de Sherbrooke pourrait faire l’objet de dépassements de coûts liés à la COVID.

Plus cher pour la salle intermédiaire?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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La flambée des prix des matériaux liée à la COVID-19 a soulevé un dilemme dans la direction à donner pour l’élaboration des plans et devis de la salle de spectacles destinée à un public jeunesse, prévue au centre-ville, un problème qui pourrait se présenter pour de nombreux autres projets que la Ville devra réaliser en 2021. Rappelons que la Ville de Sherbrooke avait déjà accordé un budget supplémentaire pour la construction de la salle en questions en raison notamment d’un conflit avec le récipiendaire du premier concours d’architecture du bâtiment.

« Il y a deux propositions sur la table », a fait savoir le conseiller Paul Gingues, également président du comité de la culture. « Étant donné que la COVID a déjoué les plans pour les coûts de façon potentielle, la recommandation est de calculer le coût cible des travaux pour le lauréat sur le budget de soumission initial hors contexte COVID. »

Autrement dit, les plans et devis seront réalisés en fonction des prix en vigueur avant la COVID. Si le contexte économique exige de nouveaux investissements, la situation sera présentée au conseil municipal avant de lancer l’appel d’offres pour la construction de manière à ce que les élus jugent de l’impact des coûts additionnels.

« Ce qu’il pourrait être intéressant de faire pour tous les projets qui seront répercutés par la COVID, ce serait d’avoir un petit bas de laine pour ces projets. On en verra probablement passer plusieurs. On serait peut-être moins surpris s’il y a des dépassements de coûts liés à la COVID », suggère M. Gingues.

Selon les documents publiés par la Ville, une hausse des coûts de construction pouvait être anticipée en décembre. « Il est cependant difficile d’estimer si cette situation exceptionnelle influencera le coût des travaux au moment où les entrepreneurs seront invités à soumissionner », précisait-on.

« Nous percevons qu’il serait préférable d’éviter de pénaliser la portée du projet et d’isoler le facteur COVID », un facteur circonstanciel d’envergure mondiale, ajoute-t-on encore.

Paul Gingues précise que la Ville ne fait que se préparer au pire pour le moment. Quoi qu’il arrive, il défendra bec et ongles la construction de cette infrastructure. « C’est un must, un projet qui date de 20 ans. Je ne suis pas prêt à des compromis sur la salle. Peut-être qu’on pourra trouver des compromis ailleurs, mais c’est un projet majeur qui doit se réaliser. Il faut garder la culture en vie. C’est un des quatre piliers du développement durable. »

Le maire Steve Lussier indique suivre la situation de près. « Je continue de parler aux instances gouvernementales. Oui, nous avons eu 16 M$ pour les imprévus, mais si on veut continuer nos projets, il nous faudra peut-être encore de l’aide. Je ne veux toutefois présumer de rien parce qu’il faudra attendre de voir les soumissions. Il faut aussi dire que nous nous sommes gardé une marge de manœuvre dans le budget pour les ajustements de coûts. »

Rappelons que le budget total pour le projet est passé d’environ 8,5 M$ à 10 M$ en mars. Les élus ont d’ailleurs approuvé un règlement d’emprunt de 1 687 000 $ au dernier conseil municipal de 2020 pour combler la différence. Les démêlés avec les récipiendaires du premier concours d’architecture, qui ne respectaient pas les balises contractuelles du concours selon la Ville, ont semblé limiter la capacité de parole des élus à cette occasion.

« On a déjà encouru des dépenses dans le premier concours d’architecture. Il y aura sûrement des actions que nous devrons prendre. C’est sûr qu’il y a une actualisation des coûts, mais ce sont des dépenses encourues qu’on ne peut pas retrouver pour l’instant », a résumé la conseillère Chantal L’Espérance.

L’Atelier Paul Laurendeau et NEUF architect(e)s ont remporté le deuxième concours d’architecture pour la conception de la salle de diffusion destinée à un public jeunesse. Le bâtiment proposé est sobre, simple, et la couleur rouge y sera prédominante. Le lauréat dispose de six mois depuis sa sélection, en octobre, pour élaborer les plans et devis nécessaires à l’appel d’offres pour la construction du théâtre. La salle à construire au coin des rues du Dépôt et Wellington Sud comptera 300 sièges.

Le conseiller Marc Denault a profité de l’occasion pour souligner que les projets qui s’étirent dans le temps risquent forcément de coûter plus cher. « On a un autre dossier un peu similaire: le tronçon de piste cyclable entre la rue Brûlotte et le CHUS. Ça fait deux fois qu’on va en appel d’offres. On devrait regarder pour avoir ce même genre d’attention [de réserver un montant pour le dépassement potentiel]. Un projet de 2017, rendu en 2021, ce sera difficile de respecter la même enveloppe. Il serait bon d’avoir une ouverture. »