Dans le cadre d’un projet universitaire, cinq étudiants en environnement de l’Université de Sherbrooke ont tenu une « Plastic Attack » devant le IGA de la rue King Ouest, dimanche après-midi. Deux paniers d’épicerie ont été remplis en trois heures avec le plastique et le carton inutiles que contenaient les emplettes de 80 clients.

«Plastic Attack» : des petits pas pour chacun

L’escouade d’étudiants de l’Université de Sherbrooke qui a mené une « Plastic Attack » devant le IGA du 3950, rue King Ouest, dimanche a amassé assez de matières inutiles pour remplir deux paniers d’épicerie à ras bord. Le tout en trois heures de sensibilisation.

Les cinq étudiants en environnement derrière le projet ont obtenu la collaboration d’environ 80 clients à leur sortie de l’épicerie. Le contenu des emplettes de ces derniers était analysé par les étudiants, qui en retiraient le plastique et le carton inutile. Les plus fréquents : les fruits et légumes placés dans des contenants de plastique, les concombres anglais enveloppés d’une pellicule et les boîtes de céréales, craquelins et collations enveloppées individuellement.

Toutes les matières recyclables ont ensuite été envoyées à l’écocentre.

« Ce qu’on veut faire, c’est encourager les consommateurs des épiceries à venir dénoncer avec nous le suremballage dans les magasins, explique Nathalie Demers, qui étudie depuis deux ans au baccalauréat en environnement. On ne va pas dans les sacs des gens en leur disant “vous n’êtes pas bien parce que vous avez fait tel choix”. Plutôt, on va leur dire qu’ils n’y ont peut-être pas pensé, mais que s’ils apportent leurs contenants pour telle chose ou telle affaire, ça ferait vraiment une différence. Parce qu’au final, on sait que ce n’est pas tout le plastique qui est recyclable au Québec. Les villes n’ont pas toutes les infrastructures suffisantes. »

« Je ne le prends pas personnel ! » a lancé en riant Danielle Lapointe alors que les membres de l’escouade retiraient ses tomates cerises de leur contenant.

La citoyenne Maryse Doyon, qui avait été informée de l’événement sur les réseaux sociaux, avait apporté plusieurs sacs réutilisables qu’elle avait confectionnés pour les distribuer aux participants.

« Je suis moi-même une fan du vrac ! J’ai tout changé chez moi. Je fais moins de poubelles, je composte... On ne peut pas réparer ce qu’on a fait dans le passé, mais on peut faire en sorte que l’avenir soit différent », indique la quinquagénaire, se réjouissant de voir la majorité des clients sortir de l’épicerie avec des sacs réutilisables.

« J’ai plutôt l’impression que c’est à grande échelle. Il y a beaucoup de commerçants qui font des efforts, mais c’est surtout les multinationales qui de l’impact », croit Mary-Lee Marcoux, son sac réutilisable à la main.

Collaboration

Le propriétaire du IGA, Yves Chapdelaine, a autorisé sans retenue cette initiative devant son magasin. L’épicerie a même fourni deux cartes-cadeaux de 25 $ qui ont été tirées parmi les clients qui se sont prêtés au jeu.

« Ils essaient de faire des petits pas par rapport à ça », explique Nathalie Demers.

Le commerçant recycle par exemple le styromousse à l’interne et offre plusieurs produits sans emballage.

Pour faire une plus grande différence, l’étudiante lui suggère tout de même d’accepter les contenants des consommateurs dans plusieurs départements « par exemple pour acheter de la viande directement au comptoir », de ne pas proposer de sacs de plastique dans les départements de fruits et légumes et d’élargir son offre d’aliments en vrac.