Pour la période 2016 à 2018, la qualité de l’eau de la rivière Magog est classée bonne (cote A) ou satisfaisante (cote B). La turbidité et la présence de coliformes fécaux sont les plus importants problèmes.

Plantes aquatiques : Sherbrooke songe au faucardage

À la lumière d’une flopée de bilans concernant la qualité de l’eau des rivières sherbrookoises, de l’eau du lac des Nations et de l’eau des plages, certains élus sherbrookois se sont interrogés lundi sur la possibilité de couper les plantes aquatiques qui prolifèrent sur le territoire. Marc Denault a notamment proposé d’imiter Granby et d’acheter les outils permettant le faucardage.

« La situation des algues est frappante. À la veille d’un championnat de kayak, nous avions dû monter le niveau d’eau pour cacher le nombre d’algues. Si des villes comme Granby sont capables d’acheter des équipements de faucardage pour 165 000 $, pourquoi ne sommes-nous pas capables de faire la même chose? » a demandé M. Denault.

« Nous sommes rendus à une situation où on se demande si on ne peut pas traverser la rivière Magog à pied tellement il y a des algues. Si nous voulons nous assurer d’avoir un corridor dans la rivière Magog pour le sport nautique, nous sommes peut-être rendus à acheter ce genre d’équipement. Sinon, peut-être devrions-nous renommer le corridor bleu ‘‘corridor vert’’. »

Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement, dit avoir vérifié auprès de la Ville de Granby pour partager les équipements. Il a été établi qu’il était préférable de continuer de travailler avec le RAPPEL pour poursuivre les activités actuelles, soit le faucardage près des plages.

Nicole Bergeron partage les préoccupations de M. Denault et se demande si des activités systématiques pour couper les algues ne seraient pas appropriées. 

À noter que dans le rapport sur la qualité des plages, on relève qu’en 2018, l’abondance de plantes aquatiques près de la plage Lucien-Blanchard a créé une zone d’eau stagnante occasionnant quelques fermetures en raison de la faible qualité de l’eau.

Chantal Pelchat, chargée de projet en environnement, estime qu’il faut trouver un juste équilibre dans les activités de faucardage. « L’objectif est de travailler avec l’équipe des sports pour établir que les meilleurs moments pour faucarder sont à l’approche de compétitions. Sinon ce n’est pas une bonne idée parce qu’on vient bouleverser un écosystème naturel. On ne veut pas le rendre artificiel. Ça prend aussi des autorisations délivrées par le ministère de l’Environnement et le ministère de la Faune. Les plantes aquatiques sont aussi de la nourriture et des abris pour les poissons. »

La Saint-François pire que La Magog

Par ailleurs, pour la période 2016 à 2018, la qualité de l’eau de la rivière Magog est classée bonne (cote A) ou satisfaisante (cote B). La turbidité et la présence de coliformes fécaux sont les plus importants problèmes. Des dépassements importants de phosphore y ont été observés, ce qui pourrait avoir contribué à la prolifération des plantes aquatiques.

La rivière Saint-François, où l’eau est traditionnellement de moins bonne qualité puisqu’elle arrive polluée sur le territoire de la Ville de Sherbrooke, obtient une note moyenne de C, soit une qualité jugée douteuse. Turbidité et coliformes fécaux y sont aussi des problèmes. 

« Pour ce qui est des rivières, c’est un beau constat. Il n’y a pas d’amélioration, mais la qualité de l’eau se maintient malgré l’urbanisation », souligne Chantal Pelchat.

Un plan des milieux humides et hydriques, en collaboration avec les MRC voisines, est en préparation pour 2022. Il permettra entre autres d’établir des moyens de protéger l’eau de la rivière Saint-François.

Quant aux plages, où les notes sont calculées différemment, la plage du secteur Deauville s’en tire mieux que la plage Lucien-Blanchard. En 2018, Deauville obtient une cote moyenne de A même si elle a été fermée huit fois en raison de la présence de cyanobactéries. Blanchard a obtenu une cote moyenne de C avec 23 fermetures, dont neuf pour une cote D. La source de contamination est locale, probablement en raison de la présence d’oiseaux et de plantes aquatiques. En 2019, les résultats sont comparables avec cinq fermetures à Deauville et 14 à la plage Lucien-Blanchard.

« Dans un milieu naturel, c’est toujours un peu comme une chasse aux sorcières. On trouve toujours de nouvelles présences de contamination à des endroits où on ne le croyait pas. Chaque fois qu’on trouve des anomalies, on cherche la source pour les corriger. Le jour où on aura séparé l’ensemble des réseaux d’aqueduc et d’égout, j’imagine qu’il y aura un impact significatif sur la qualité des eaux. »

Enfin, l’eau du lac des Nations a connu une détérioration en 2018, même si elle a été meilleure qu’en 2016. L’eau y est qualifiée de polluée (cote D), mais des correctifs ont été apportés au réseau d’égout du secteur en 2017 et 2018.