Évelyne Beaudin assure qu’elle réside à Sherbrooke de façon non continue depuis environ 29 ans.

Plainte au DGEQ : Évelyne Beaudin se défend

La conseillère municipale élue de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin, s’est défendue, jeudi, au sujet de la plainte déposée par l’organisation du Renouveau sherbrookois (RS) à son endroit au Directeur général des élections du Québec (DGEQ). Alors que la plainte conteste son éligibilité au sujet de son lieu de résidence, Mme Beaudin assure respecter la loi.

« Je n’ai pas vu le contenu de la plainte », souligne-t-elle en disant avoir « deux adresses à Sherbrooke », soit une adresse chez ses parents et son appartement. « Je réside à Sherbrooke de façon non continue depuis environ 29 ans. »

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Seule conseillère élue sous la bannière de Sherbrooke Citoyen, elle sera quand même assermentée ce vendredi aux côtés des autres élus. Elle dit avoir hâte de pouvoir se concentrer sur son travail et de représenter les électeurs du district du Carrefour.

Jointe une première fois par La Tribune mercredi, elle avait d’abord préféré ne pas commenter.

Mme Beaudin a été contactée par le DGEQ jeudi. Elle devrait rencontrer un enquêteur au cours des prochaines semaines.

L’organisation du RS soutient que Mme Beaudin, qui a résidé à Matane où elle enseignait, aurait contrevenu à l’article 61 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (LERM). Celui-ci stipule qu’« est éligible à un poste de membre du conseil de la municipalité toute personne qui a le droit d’être inscrite sur la liste électorale de celle-ci et qui réside de façon continue ou non sur le territoire de la municipalité depuis au moins les 12 derniers mois le 1er septembre de l’année civile où doit avoir lieu une élection générale ».

Le plaignant estime qu’elle aurait commis une infraction à l’article 632 (1) de la Loi, qui stipule qu’une personne qui « pose sa candidature à un poste de membre du conseil en sachant qu’il n’est pas éligible » commet une infraction.
Mme Beaudin a délogé le conseiller sortant Pierre Tardif tandis que la candidate du RS, Nadia Choubane, est arrivée troisième.

Si le DGEQ jugeait qu’il a eu contravention à la loi, un constat d’infraction pourrait être déposé devant la Cour du Québec. Parmi les scénarios possibles s’il y avait eu faute, on pourrait aussi penser à une contestation d’élection (intentée par un électeur ou un candidat défait) ou encore une requête en déclaration d’inhabilité (intentée par un électeur, par exemple.)

Mme Beaudin avait fait l’objet d’une plainte au DGEQ lors des élections municipales de 2013 et selon elle, c’est le RS qui avait déposé cette plainte, qui lui reprochait notamment d’avoir omis d’inscrire la mention légale « payé et autorisé par l’agent officiel » sur son matériel électoral. Comme elle avait fait son site elle-même et que ça ne lui avait rien coûté, elle n’avait alors pas pensé écrire la mention.

« C’est quand même des fonds publics. En 2013, cette plainte a fait en sorte que deux enquêteurs qui travaillent à Québec se sont déplacés à Sherbrooke... C’est une des choses qui peut m’inquiéter dans la situation actuelle : encore une fois on engage des fonds publics. Je ne suis pas en train de dire aux gens qui constatent des anomalies de ne rien faire, mais je pense qu’il faut être prudent parce qu’on engage des fonds publics », dit-elle en ajoutant ne pas avoir eu de nouvelle de cette enquête.