Christelle Lefèvre, commissaire scolaire à la CSRS.
Christelle Lefèvre, commissaire scolaire à la CSRS.

Plainte : Christelle Lefèvre se dit victime d’intimidation

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
La commissaire scolaire Christelle Lefèvre de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) s’est vue imposer une sanction de la commissaire à l’éthique à la suite d’une plainte alléguant qu’elle s’est placée « en situation de conflits d’intérêts en s’impliquant dans un débat sur la classification d’un élève ». L’élue scolaire a reçu comme sanction un avis écrit, ce qui est prévu en cas « d’infraction mineure ». Jointe par La Tribune, la commissaire se défend en y voyant une « tentative d’intimidation ».

On a reproché à l’élue scolaire d’avoir voté sur une proposition entourant la classification d’une élève handicapée de sa circonscription, dont les parents sont aux yeux de Mme Lefèvre des connaissances. On lui a aussi reproché de s’être placée en conflit d’intérêts en disant défendre les parents.

La classification de l’élève était liée à son transfert d’une école à une autre et les parents contestaient ce transfert. Ceux-ci se sont adressés au protecteur de l’élève, puis au comité de révision de décision. Ce comité de révision a recommandé que soit maintenue la décision de l’organisation au sujet de la classification et du transfert de l’enfant.

Mme Lefèvre a voté contre cette recommandation; on lui a notamment reproché d’avoir voté après avoir fait valoir qu’elle représentait la famille. « J’ai remis en question certaines choses. J’ai amené de l’information que moi je possédais. Je ne me suis pas immiscée dans le processus à aucun moment », plaide-t-elle, en soulignant qu’en aucun cas on lui a fait valoir qu’elle se retrouvait en conflit d’intérêt au moment du vote.

 
« Un des rôles des commissaires scolaires est de représenter les familles et les citoyens. (...) C’est à titre d’élue que j’interviens. (...) On vient remettre en question le rôle réel, le rôle politique d’un commissaire scolaire », dit-elle en faisant allusion à un avis juridique. Elle déplore du même coup ne pas pouvoir contester la décision de la commissaire à l’éthique Me Madeleine Lemieux.

À ses yeux, cette affaire fait ressortir des questions de difficulté de gouvernance au sein de la commission scolaire.

Le code d’éthique et de déontologie des commissaires de la CSRS précise que la plainte est confidentielle et que « seuls la nature de la plainte formulée, le commissaire visé et la sanction imposée sont dévoilés en séance publique. (...)

Le règlement prévoit « qu’en cas d’infraction mineure au code, un avis écrit » est présenté « au commissaire fautif ». En vertu de celui-ci, la commissaire aurait dû s’abstenir de participer au vote lors de la séance du conseil dans ce dossier.
La CSRS n’a pas voulu réagir au sujet de cette plainte.

Avant de devenir commissaire scolaire, Mme Lefèvre, elle-même mère d’élèves, avait agi comme porte-parole auprès des parents qui s’opposaient aux frais de transport pour une deuxième adresse; elle avait talonné les dirigeants de la CSRS à ce sujet. Mme Lefèvre a brigué un poste de conseillère municipale dans le district de Saint-Élie aux dernières élections municipales; c’est toutefois le conseiller Julien Lachance qui a été réélu.