La Régie de police de Memphrémagog et le Service de police de Sherbrooke se dirigent vraisemblablement vers un regroupement et pourraient former un nouveau corps d’ampleur régionale.
La Régie de police de Memphrémagog et le Service de police de Sherbrooke se dirigent vraisemblablement vers un regroupement et pourraient former un nouveau corps d’ampleur régionale.

Plaidoyer pour la création d’un corps policier régional

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Si la Régie de police de Memphrémagog et le Service de police de Sherbrooke se dirigent vraisemblablement vers un regroupement, le nouveau corps de police formé pourrait être d’ampleur régionale.

Sans vouloir commenter la position de la Sûreté du Québec qui propose que le nombre de corps de police passe de 31 à 11 au Québec, le directeur de la Régie de police de Memphrémagog, Guy Roy, croit que la refonte pourrait permettre de créer un corps de police régional.

Le SPS et la RPM avaient rencontré le ministère de la Sécurité publique du Québec en 2019 pour proposer un regroupement des deux organisations policières municipales. Proposition qui avait été rejetée à l’époque étant donné les consultations qui s’en venaient.

« Ce projet de fusion pourrait aller plus loin en intégrant la région. Il ne faut toutefois pas oublier de garder des aspects locaux », croit Guy Roy.

Selon lui, la surveillance du territoire et les enquêtes locales devraient demeurer dans un corps de police régional regroupé.

« La formation, les communications, les systèmes informatiques sont entre autres des choses qui pourraient être facilement regroupées. Il ne faut cependant pas oublier de rester près de la population pour offrir des services locaux. Les gens doivent pouvoir s’identifier à leur organisation policière. Une municipalité comme Austin, par exemple, doit pouvoir avoir accès à une surveillance accrue sur le lac Memphrémagog si elle le souhaite, en sachant combien de plus ça pourrait lui coûter », illustre Guy Roy.

Avantages

Dans son mémoire déposé à la fin novembre au Comité consultatif sur la réalité policière, la Ville de Sherbrooke propose ce modèle de régionalisation des services de police.

« Le besoin d’évaluer sérieusement ce type de regroupements demeure pertinent dans la mesure où ils permettraient, outre une rationalisation des ressources, d’augmenter les compétences des équipes dans toutes les sphères d’activité. Ainsi, la mise en commun des ressources du SPS et de la RPM permettrait, entre autres, la mixité des ressources humaines, la fusion des équipes d’enquêtes et la mise en commun des agents de liaison pour la cour criminelle. La RPM pourrait aussi bénéficier des groupes spécialisés du SPS, soit l’identité judiciaire, son groupe tactique d’intervention, son unité de maintien de l’ordre, le groupe de recherche terrestre, etc. », propose la Ville de Sherbrooke dans son mémoire.

Pour Guy Roy, les mémoires déposés au comité de réflexion sur la réalité policière proposent diverses visions de ce que devraient devenir les corps policiers au Québec. 

Il souhaite que dans cet exercice de refonte policière, le gouvernement du Québec se souvienne de ce qui a été fait dans d’autres domaines comme en éducation ou en santé.

« Il ne faudrait pas créer de mégastructures comme dans le réseau de la santé où tout le monde décrie la réforme Barrette. Le pouvoir décisionnel doit rester près de la population. Ce n’est pas normal que dans un dossier d’agression sexuelle, un plaignant doive multiplier les intervenants qu’il rencontre », estime Guy Roy. 

Le directeur de la Régie de police de Memphrémagog estime qu’il faut sortir du débat entre la Sûreté du Québec et les corps municipaux.

« Il faut sortir des chasses gardées et ne pas oublier que c’est le service à la population qu’il faut mettre en priorité. Il faut prendre les forces de chacun, la Sûreté du Québec avec sa robustesse et les services municipaux avec sa connaissance du territoire. C’est ce qui a fait la force des escouades régionales mixtes », signale Guy Roy.