Le guichet unique d’accès aux services de garde, baptisé la Place 0-5 ans, a été lancé en 2015. Avec l’adoption de la loi 143, les responsables des services de garde en milieu familial devaient obligatoirement y adhérer au plus tard en septembre.

Places en garderie : le guichet unique fait des insatisfaits

SHERBROOKE — Trois ans après sa création, le guichet unique pour les places en CPE et en garderies cause beaucoup de grogne chez les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial. Une manifestation à laquelle prendront part des Estriennes aura lieu dimanche prochain à l’Assemblée nationale.

Le guichet unique d’accès aux services de garde, baptisé la Place 0-5 ans, a été lancé en 2015. Avec l’adoption de la loi 143, les responsables des services de garde en milieu familial devaient obligatoirement y adhérer au plus tard en septembre.

Les éducatrices doivent payer des frais de 50 $ d’adhésion, en plus de frais de 11 $ par place annuellement. Ces frais doivent être payés même si un enfant revient au service de garde l’année suivante. À la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), on explique que même si les responsables peuvent choisir leur clientèle, elles n’ont d’autres choix que de faire remplir un contrat par les parents, qui transite par la Place 0-5 ans. Cela a pour effet d’alourdir le processus d’inscriptions, note la présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) Estrie, Marlène Carbonneau. 

L’Alliance fait partie de la FIPEQ et regroupe environ 1000 membres.

« L’objectif de notre manifestation de dimanche est de s’assurer que le premier dossier sur la pile du prochain ministre de la Famille soit le guichet unique pour les RSE. La mobilisation en Estrie est très forte et ne touche pas uniquement nos membres. Plusieurs parents mécontents de ce guichet communiquent avec nous tous les jours et nous devons poursuivre nos moyens d’action », explique la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon. 

Insatisfaction généralisée

La FIPEQ a lancé plusieurs batailles judiciaires contre la Place 0-5 ans, qui est gérée par la Coopérative Enfance Famille. 

La FIPEQ soutient que ces frais d’adhésion et ces frais de service auraient dû être négociés dans le cadre de leur entente collective. 

Selon un sondage téléphonique mené auprès de 215 membres de l’ADIM Estrie, 96 % des membres se sont dites insatisfaites des fonctionnalités et des frais associés au guichet unique.

La FIPEQ-CSQ a déposé plusieurs recours juridiques contre le ministère de la Famille en lien avec ce dossier. Elle a aussi invité ses membres à déposer des « mésententes individuelles », sur une base personnelle, en plus de « mésententes collectives », soit l’équivalent, pour les RSG, des griefs pour les salariés. Sur les 2414 mésententes déposées à l’échelle nationale, 286 ont été déposées en Estrie. 

Directrice de la Coopérative, Marie-Claude Sévigny rappelle que c’est le ministère de la Famille qui encadre l’obligation d’adhérer au guichet unique. Les RSG reçoivent pour la toute première fois une facturation pour l’adhésion et les services auxquels elles ont droit, notamment d’y mettre en valeur leur service par l’entremise d’une vitrine. Ces frais servent au fonctionnement du guichet, souligne-t-elle. Plus de 86 500 enfants ont été inscrits au Québec dans la dernière année. 

Le guichet comprend maintenant l’ensemble des services de garde, des CPE aux places non subventionnées en garderie. 

« Nous, on est là pour les accueillir, dit-elle en rappelant que l’adhésion est encadrée par la loi.  

« Ce qu’on a reproché au guichet, par exemple, que les parents ne trouvaient pas de place, c’est un peu normal tant que ce n’était pas un vrai guichet, dit-elle en faisant allusion au fait que depuis le 1er septembre, tous les services de garde sont maintenant là. Le ménage des listes va pouvoir se faire plus facilement. »  

Par ailleurs, l’échéancier de la convention collective des RSG est fixé au 31 mars 2019. Le dépôt syndical doit se faire en janvier, selon Mme Carbonneau.