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La jeune Association contre la gentrification de Sherbrooke souhaite que la population soit tenue en compte dans la planification du renouveau commercial du quartier Alexandre.
La jeune Association contre la gentrification de Sherbrooke souhaite que la population soit tenue en compte dans la planification du renouveau commercial du quartier Alexandre.

Placer la population au cœur de la revitalisation du quartier Alexandre

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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Des voix s’élèvent pour que le processus de revitalisation du quartier Alexandre s’accompagne de réels programmes sociaux, d’emploi et d’équité efficaces afin d’améliorer les conditions de vie des gens qui habitent déjà cet espace.

« Il est temps de mettre le citoyen à l’avant de tels projets de revitalisation et non pas seulement rencontrer les propriétaires », explique le porte-parole de l’Association contre la gentrification de Sherbrooke (AGS), Léo Boivin.

Cette association, qui a vu le jour au cours des dernières semaines, vient tout juste de se joindre à l’Association des locataires de Sherbrooke.

L’AGS a mis en ligne une pétition visant à ce que les aménagements urbains soient accompagnés de programmes sociaux concrets et que la population du quartier soit tenue en compte de façon directe dans la planification du renouveau commercial du quartier. 

Une centaine de personnes l’ont signée jusqu’à maintenant.

« Il faut arrêter de joueur au ping-pong avec les juridictions municipale, provinciale ou fédérale. La Ville de Sherbrooke peut servir de porte-voix afin de contribuer à l’amélioration des conditions sociales des personnes moins bien nanties », explique Léo Boivin. 

L’AGS demande que le projet de revitalisation du quartier Alexandre fasse l’objet d’un moratoire tant qu’il n’aura pas été approuvé par un vote de la population concernée.

« C’est vrai que la rue Alexandre a besoin d’amour. Cependant, il faut trouver des solutions avant que le coût des logements dans ce quartier explose et que les gens qui y habitent ne puissent plus y rester parce qu’ils n’ont plus les moyens. Il faut trouver des solutions pour que cette revitalisation soit jumelée avec des mesures d’aide sociale », estime Léo Boivin.  

L’association estime que de tels plans de revitalisation par des aménagements urbains favorisent l’embourgeoisement, qu’elle affirme ne pas décrire de façon péjorative, mais comme un conflit social, soit le processus graduel de remplacement d’une population moins aisée par une population plus aisée financièrement. 

Léo Boivin explique que la gentrification ne mène pas à l’amélioration des conditions de la population d’origine, mais plutôt à leur éviction et aux augmentations des inégalités socio-économiques et de l’itinérance. L’AGS estime que la création d’aménagements urbains invitants et l’ouverture de commerces huppés « invitent une population aisée à s’installer dans le quartier, aux loyers à augmenter, aux évictions à s’intensifier et aux nouveaux développements immobiliers à s’initier ».

« Je suis convaincu que ce n’est pas l’objectif de Commerce Sherbrooke ou de la Ville que les personnes qui y habitent quittent le quartier parce qu’elles n’ont plus les moyens financiers d’y rester, mais ça demeure préoccupant. À de nombreux endroits où des aménagements ont été faits comme notamment dans Hochelaga à Montréal ou même sur Wellington Nord, les habitants de ces quartiers ont été repoussés plus loin. Nous ne voulons pas qu’un tel phénomène se produise dans le quartier Alexandre », signale Léo Boivin.