Des citoyens comptent demander aux élus de Sherbrooke que les travaux annoncés pour la construction d'une bande centrale cet été, entre la rue Brûlotte et le Quartier Santé, servent de prétexte pour l'ajout d'une voie cyclable.

Piste cyclable le long de la 12e Avenue : l'impatience grimpe chez les cyclistes

Des citoyens ayant milité pour la construction d'infrastructures de transport actif le long de la 12e Avenue, en direction du CHUS, s'impatientent. Arnaud Messier-Maynard et Julien Leroux souhaiteraient que les travaux annoncés pour la construction d'une bande centrale cet été, entre la rue Brûlotte et le Quartier Santé, servent de prétexte pour l'ajout d'une voie cyclable.
M. Leroux avait été un des instigateurs d'une pétition de 1000 noms déposée en mai 2015 pour demander la construction d'une piste cyclable entre la rue Brûlotte et le CHUS. Lundi, au conseil d'arrondissement, il compte réitérer sa demande.
« Ça fait deux ans et nous sommes toujours en attente. Nous avons vérifié avec le ministère des Transports et on nous a dit qu'il n'y avait aucune demande pour une piste cyclable ou multifonctionnelle à cet endroit sur la 12e Avenue », explique M. Messier-Maynard.
Pourtant, des travaux devant avoir lieu en 2016 seront réalisés cet été. Lorsqu'ils avaient été annoncés en 2015, ces travaux devaient consister en l'élargissement de la 12e Avenue du côté ouest pour permettre l'ajout d'une cinquième voie pour les virages dans les parties de bande médiane. Deux percées étaient prévues entre la rue Brûlotte et le Quartier Santé, pour des rues municipales futures ou des complexes commerciaux. Le feu au coin de la 12e Avenue et de Brûlotte devait aussi être modernisé.
Les travaux permettront de concrétiser deux corridors cyclables unidirectionnels sans frais pour la Ville, affirmait-on il y a deux ans. « Sur la 12e Avenue, une bande cyclable n'encouragerait pas l'utilisation du vélo parce qu'elle ne permet pas une bonne protection. Il serait temps de saisir l'occasion pour faire une action concrète. »
Julien Leroux craint quant à lui que l'ajout d'une bande centrale « gruge » l'espace qui pourrait être utilisé par les cyclistes en bordure de rue.
Quelques citoyens se sont donc regroupé dans ce qu'ils appellent le Collectif d'urbanisme durable de Sherbrooke, un groupe qui s'intéresse aux pratiques de développement durable. « Je pense que tout le monde aimerait avoir une piste cyclable, mais il faut saisir l'occasion de la réfection de cette route. Nous aimerions avoir un plan concret, un échéancier. Nous proposons des solutions d'aménagement qui s'inspirent de New York et de Mississauga en Ontario. Sur une route où la limite est de 70 km/h, il faut une zone tampon pour protéger les cyclistes », ajoute M. Messier-Maynard.
Le groupe compte d'ailleurs déposer un document contenant ces solutions aux élus lundi soir.
« Nous nous mobiliserons. La Ville nous dit qu'elle s'en occupe, mais nous aimerions des contacts plus rapprochés avec eux et faire partie de la solution », dit Julien Leroux.
Le conseiller Vincent Boutin raconte pour sa part que des sommes sont provisionnées pour deux ans pour compléter le tronçon de la 12e Avenue, entre la rue Després et la Quartier Santé. « Dans ses réaménagements, le ministère des Transports prévoit assez d'espace de dégagement pour qu'on fasse une piste cyclable ou multifonctionnelle. Ce n'est pas décidé. Cette année, nous ferons le bout entre Després et Brûlotte et l'autre portion l'an prochain. »
Du même souffle, M. Boutin souhaite explorer la possibilité d'un projet pilote sur le viaduc enjambant la 610. « J'aimerais qu'on regarde avec le MTQ si on peut faire le même projet pilote que sur le pont Jacques-Cartier, en direction sud. Si on condamne une voie et qu'on aménage le trottoir pour les piétons et les cyclistes, ce serait sûrement moins cher que de construire une passerelle. Je voulais entamer ces démarches prochainement. Le CHUS est le quatrième vecteur de déplacements à Sherbrooke. Je pense qu'il faut que ça bouge. Ça ne coûte pas cher d'essayer. »
MM. Messier-Maynard et Leroux comptent aussi se rendre au conseil municipal le 3 avril prochain.