Le conseiller municipal Pierre Tremblay juge qu’il serait difficile pour lui de faire son travail de président d’un comité s’il devait demander la permission de l’administration municipale pour soumettre ses idées ou s’exprimer publiquement.

Pierre Tremblay quitte le comité du sport et du plein air

Pierre Tremblay quitte ses fonctions de président du comité du sport et du plein air de la Ville de Sherbrooke et la présidence d’Excellence sportive. Il estime avoir été rabroué et intimidé par le maire Steve Lussier à la suite de sa proposition d’utiliser le Centre de foires pour contrer le manque de plateaux sportifs. Vincent Boutin assurera l’intérim.

Du même coup, M. Tremblay quitte ses fonctions de président du Fonds du legs des Jeux du Canada 2013.

« Dans les circonstances, je ne vois pas comment je pourrais poursuivre mon travail et contribuer à faire avancer le sport à Sherbrooke », écrit M. Tremblay dans un communiqué de presse envoyé lundi.

M. Tremblay, conseiller dans le district de Deauville, avait rendu publique l’idée d’utiliser des installations du Centre de foires, dont il juge l’utilisation peu optimale, pour combler le manque de plateaux pour les organismes sportifs à Sherbrooke. Principalement, les installations auraient pu servir à la gymnastique, qui rassemble plus de 1400 athlètes.

Le lendemain de son annonce, le maire de Sherbrooke Steve Lussier a déclaré en entrevue à la radio qu’il trouvait l’idée très intéressante et qu’il appuierait une étude de faisabilité sur la question. 

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Pierre Tremblay raconte avoir pourtant été convoqué dans le bureau du maire, avec le directeur général de la Ville Daniel Picard, vendredi dernier. Le maire et M. Picard « se sont dits outrés qu’une telle déclaration publique n’ait pas préalablement été soumise aux services concernés afin d’être évaluée et acceptée par la Direction générale avant de devenir publique.

« Je tiens également à souligner ma très grande déception face au manque de leadership du maire Lussier qui, en 24 heures, faisait une volte-face alors que lui-même m’avait encouragé, lors d’une rencontre le 10 juillet dernier, à dévoiler mon idée afin de vérifier la réaction de l’opinion publique! » écrit aussi Pierre Tremblay.

M. Tremblay juge qu’il devient difficile de faire son travail de président d’un comité s’il doit demander la permission de l’administration municipale pour soumettre ses idées ou s’exprimer publiquement.

« Je ne peux croire qu’un élu, désigné par les citoyens et citoyennes pour les représenter au conseil municipal, soit ainsi rabroué et soumis à un exercice de musellement et d’intimidation comme cela s’est produit dans le bureau du maire. Je comprends qu’il puisse y avoir certaines règles de fonctionnement à la Ville de Sherbrooke, mais comme élu, il est hors de question que je me soumette à quelque forme de censure que ce soit! »

M. Tremblay a rencontré le maire de Sherbrooke lundi matin pour rendre sa démission. Il conservera son rôle en tant que conseiller municipal dans le district de Deauville.

Vincent Boutin assure l’intérim

Le conseiller Vincent Boutin, vice-président du comité du sport et du plein air, a obtenu la confirmation lundi soir qu’il remplacerait M. Tremblay au comité du sport et du plein air de manière intérimaire.

M. Boutin n’a pas voulu commenter directement les propos de Pierre Tremblay. « Je n’étais pas là quand il a rencontré le maire. Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit. Moi j’ai amené des idées que nous avons travaillées avec les fonctionnaires avant de les rendre publiques. Pierre a travaillé différemment. Je préfère donc ne pas commenter sa décision.

« Je pense que nous formions une bonne équipe. J’écouterai les organismes et j’essaierai de porter les projets qui sont importants pour eux. Je crois qu’on se doit de faire l’exercice demandé par mon collègue au sujet du Centre de foires et prendre les décisions qui s’imposent par la suite. »

Déjà président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin estime qu’il réussira à assumer toutes les responsabilités qui lui sont attribuées. « Je fais ce travail à temps plein, mais ce sera une question d’agenda. Je reste un père de famille et ma priorité demeurera mes enfants, mais je pense que ça rentre dans mon horaire. »

Peu présent au comité du sport et du plein air depuis le début du mandat, M. Boutin rapporte qu’en cas de conflit d’horaire, c’était la présence du président qui comptait. « Maintenant que je suis président par intérim, nous nous organiserons pour ajuster nos horaires. »