Pierre Paradis

Pierre Paradis: les députés évitent de condamner

Même s'il n'a pas toujours été d'accord avec son approche et son point de vue, l'ancien député libéral Robert Benoit reconnaît à son ancien collègue Pierre Paradis de grandes qualités et compétences. Il préférè cependant ne pas émettre de commentaires concernant sa présumée inconduite sexuelle.
«Je trouve qu'il a eu une carrière exceptionnelle en politique. Je me souviens de l'époque pendant laquelle il était chef de l'opposition officielle à Québec. Il faisait un super travail. Et comme simple député aussi, il est très bon. D'ailleurs, des gens qui ne sont plus dans sa circonscription l'appellent parfois pour lui demander son aide plutôt que de passer par leur député», raconte M. Benoît, tout en soulignant le caractère combattif de M. Paradis.
Selon l'ex-député d'Orford, le ministre déchu a également effectué un «travail exceptionnel» dans le dossier de la privatisation partielle du parc national du Mont-Orford. «Il s'est tenu debout contrairement à plusieurs autres qui ont agi comme des moutons», soutient cet ardent défenseur de l'environnement.
Appelés à commenter l'affaire, alors qu'ils participaient à une annonce à l'Université Bishop's vendredi matin, les ministres de l'Enseignement supérieur Hélène David et de la Culture Luc Fortin se sont montrés évidemment très prudents. « Ce sont des allégations sérieuses que je ne commenterai pas parce qu'il y a une enquête en cours et qu'on est dans une société de droit où la présomption d'innocence existe », a dit M. Fortin.
« Je pense que le premier ministre a posé les gestes qu'il devait poser », a-t-il néanmoins ajouté.
Mme David, qui partira en tournée de consultation à travers le Québec bientôt pour prévenir les violences sexuelles dans les cégeps et les universités, estime également qu'en expulsant Pierre Paradis de son caucus, le premier ministre Philippe Couillard a « agi très vite et a montré le sérieux qu'il accordait à ces allégations troublantes ».
« Du côté d'un dialogue national sur la question des violences sexuelles, on sent que la société est à tolérance zéro et on partage ça, dit-elle. Cela ne m'arrêtera pas, au contraire, dans ma très ferme volonté et celle du gouvernement de discuter de ces questions-là, particulièrement dans les campus universitaires et collégiaux. Il y a beaucoup de provinces et de pays qui l'ont fait et je pense que ça ne peut qu'être bon pour notre réseau collégial et universitaire et pour la conversation en général autour de ces questions-là. »
- AVEC JACYNTHE NADEAU