Les propos du consultant de la Ville de Sherbrooke, Pierre Harvey, font une fois de plus sursauter les élus.

Pierre Harvey choque en traitant des Sherbrookois de « tatas »

Les propos du consultant de la Ville de Sherbrooke, Pierre Harvey, font une fois de plus sursauter les élus. Sur la page Facebook de La Tribune, M. Harvey commentait une lettre d'opinion en traitant les Sherbrookois qui s'intéressent au dossier Costco de « tatas » et de « singes ».
« Le Sud-Soudan se meurt mais nos tatas à Sherbrooke se préoccupent du Costco... Yé! Bravo les singes : j'entends rien, je ne vois rien et je ne dis rien... », a-t-il écrit.
M. Harvey s'en était pris aux conseillers ayant voté contre le contrat accordé par la Ville à son entreprise de consultation en mai. À ce moment, le conseiller Jean-François Rouleau avait exigé la fin du contrat avec Harvey international, dont les services ont été retenus dans le dossier de l'aéroport de Sherbrooke. Pierre Harvey avait finalement acheminé une lettre d'excuses au conseil municipal.
Jean-François Rouleau s'est d'ailleurs dit surpris et déçu de ce nouveau commentaire de M. Harvey. « J'ai toujours eu des doutes sur le jugement de M. Harvey. C'est très clair cette fois-ci qu'il a un problème de crédibilité. Cet individu ne devrait pas avoir de mandats de la Ville. J'espère que le cabinet de la mairie tiendra compte de cette insulte flagrante au conseil et aux citoyens. Je n'ai jamais vu en 20 ans un fournisseur critiquer les décisions de la Ville publiquement. »
Annie Godbout a aussi réagi, notamment en réponse à un citoyen qui lui demandait son opinion sur Facebook, où elle écrivait : « Je pense que M. Harvey a besoin d'attention. Sois certain qu'on va lui en donner... »
En entrevue téléphonique, elle avoue avoir été choquée à la vue de tels propos. « Encore une fois, il tient des propos inacceptables pour sa position de fournisseur de la Ville. C'est effrayant de manquer de respect comme ça pour les Sherbrookois. Ce n'est pas clair qui il vise, mais en fin de compte, ce sont les contribuables qui payent son salaire. J'espère que la direction générale et le cabinet de la mairie mettront leurs culottes. De ce que je comprends, il a déjà eu un avertissement par écrit. Je ne comprendrais pas pourquoi on ne pourrait pas lui retirer son contrat. Déjà, ses fausses excuses avaient été assez mal reçues. »
Hélène Dauphinais estimait le commentaire déplacé. « Il n'a pas à traiter les gens de tatas parce qu'ils partagent une position différente. C'est un manque de respect pour les élus. Prendre des décisions fait partie de notre travail. Le dossier était beaucoup plus large que le Costco. Nous avons accepté de faire de la place pour d'autres commerces. Il montre un mépris pour notre travail et je ne vois pas pourquoi la Ville travaillerait avec quelqu'un qui ne tient pas les élus en estime. Il n'y a pas une entreprise qui respecte ses employés qui continuerait à travailler avec quelqu'un comme ça. »
Le maire Bernard Sévigny explique être au fait de la situation. « J'ai pris connaissance de ses propos. Nous sommes en train d'analyser la situation avec la direction générale et les services juridiques. Il n'y a pas de décision de prise jusqu'à maintenant. Ce sont des propos qui n'ont pas leur place sur la place publique comme contractant de la Ville de Sherbrooke. Nous regardons l'ensemble du dossier, je ne sais pas jusqu'où nous irons. Si nous prenons le temps d'analyser la situation, c'est qu'il s'agit d'une position que nous ne partageons pas d'emblée. C'est très juridique quand on parle de contrat. »