Marie-Claude Lapointe a commencé son rôle de lieutenant-colonel honoraire en novembre. Elle sera présentée aux Fusiliers mardi soir.

Pharmacienne et lieutenant-colonel honoraire

Après avoir été refusée dans l’armée il y a plusieurs décennies en partie à cause de son sexe, la pharmacienne Marie-Claude Lapointe sera la toute première femme de l’histoire des Fusiliers de Sherbrooke à occuper le titre de lieutenant-colonel honoraire. Mardi, Mme Lapointe aura droit à une cérémonie afin de l’accueillir dans l’équipe, même si celle-ci a déjà le titre depuis le mois de novembre.

« Je suis fière, indique celle qui occupe cette fonction en moyenne 10 heures par semaine. En même temps, j’ai l’objectif de livrer la marchandise. Naturellement, c’est un domaine que je ne connaissais pas beaucoup. J’apprends à le connaître de plus en plus, c’est super intéressant. »

La femme de 59 ans n’a aucune amertume envers les Fusiliers qui l’ont refusée il y a plusieurs années. « Je voulais payer mes études de cette façon, car je viens d’un milieu assez modeste. Cependant, je ne répondais pas aux critères. J’étais une première de classe. Je suis partie du pensionnat, je suis arrivée à l’école Le Ber et je me suis ennuyée à mort. J’ai commencé à sécher des cours, donc je n’avais pas un dossier académique excellent. Aujourd’hui, je suis pharmacienne et je suis fière de ce que je fais », exprime-t-elle.

« En tant que femme, je vais travailler pour que les femmes s’impliquent plus chez les réservistes, poursuit Mme Lapointe. Les femmes s’entraînent et sont en forme. De plus, les Fusiliers et les autres unités, ce sont de belles écoles pour des jeunes qui ont envie de bouger, de voyager et d’apprendre. En même temps, ils sont payés. »

Qu’est-ce qu’un lieutenant-colonel honoraire? « Chaque unité a son propre honoraire. C’est un citoyen impliqué dans sa communauté ou un ancien militaire qui, grâce à ses relations, va faire le lien entre, dans mon cas, les Fusiliers de Sherbrooke et la communauté. Par exemple, si un réserviste est appelé en mission, ça se peut que son employeur soit plus ou moins chaud à l’idée de perdre un bon employé. L’honoraire va demander à rencontrer l’employeur pour lui expliquer ce qui en est exactement et dire que la personne va revenir avec des atouts pour l’entreprise, va acquérir de la maturité, le sens de l’organisation, etc. », explique Mme Lapointe, qui pratique son métier de pharmacienne depuis les 29 dernières années.

Un commandant heureux

Le commandant des Fusiliers, le lieutenant-colonel Alexandre Grégoire, est heureux de pouvoir compter sur Mme Lapointe. « Ce n’est pas elle qui nous a contactés, c’est nous qui sommes allés la chercher, indique-t-il. On cherchait la personne qui serait l’emblème pour le régiment. C’est une personne qui a défoncé des portes et a réussi à oser. »

« Je ne la connaissais pas beaucoup, continue-t-il. Pour moi, c’est la meilleure personne pour représenter le régiment. C’est en la connaissant que j’ai appris qu’elle avait tenté de s’enrôler. J’ai trouvé ça intéressant qu’elle accepte, car elle aurait pu être frustrée de la situation. »

Celui-ci est au courant du passé de la pharmacienne et est content qu’elle accepte l’offre des Fusiliers. Cette fois, son sexe n’a pas penché dans la balance. « C’est tendance d’avoir des femmes partout dans le système. On veut montrer que c’est pour les hommes et pour les femmes et que c’est multiethnique. Avant, ce n’était pas une possibilité. Être une femme était négatif », résume-t-il.