L’École de bilinguisme de Sherbrooke, qui accueille des enfants de 4 et 5 ans, fermera ses portes le 22 décembre, à moins d’un revirement.
L’École de bilinguisme de Sherbrooke, qui accueille des enfants de 4 et 5 ans, fermera ses portes le 22 décembre, à moins d’un revirement.

Peu d’options pour éviter la fermeture de l’École de bilinguisme

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Il sera difficile d’éviter une fermeture de l’École de bilinguisme de Sherbrooke si l’établissement n’obtient pas de permis du ministère de la Famille, selon la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, qui a été contactée par des parents catastrophés à l’idée de voir l’endroit fermer après 33 ans.

La Tribune révélait vendredi que l’École de bilinguisme de Sherbrooke, qui accueille des enfants de 4 et 5 ans, fermerait ses portes le 22 décembre. Le ministère de la Famille (MFA) réclame l’obtention d’un permis au propriétaire, Jacques Danis, ou encore de transformer l’endroit en service de garde de milieu familial. M. Danis dit n’avoir jamais eu affaire au MFA dans toute l’histoire de l’établissement. L’obtention d’un permis demanderait selon lui trop d’investissements (notamment pour répondre à certaines normes) et transformer l’endroit en service de garde non régi, avec un maximum de six enfants, ne permettrait pas d’assumer les coûts d’exploitation. 

Le MFA dit avoir procédé à une inspection après avoir reçu une plainte pour service de garde potentiellement illégal. 

« C’est un dossier qui n’est pas évident parce que le propriétaire ne souhaite pas obtenir de permis. On est devant un propriétaire qui n’est pas conforme, il ne souhaite pas se conformer. C’est difficile de demander un accommodement. Le gros défi, c’est de faire en sorte que les familles réussissent à trouver un autre endroit », commente Mme Labrie, députée de Québec solidaire responsable du dossier de l’éducation. Elle dit pouvoir explorer des pistes avec le propriétaire. L’une d’elles serait de transformer l’établissement en services de garde non régi, ce qui impliquerait de réduire le nombre d’enfants à six. 

Or, pour le propriétaire, M. Danis, cette option est écartée. 

Dans une lettre envoyée aux parents, M. Danis faisait valoir que jusqu’en 1991, l’établissement détenait un permis du ministère de l’Éducation.

Jacques Danis

Pas un service de garde

En entrevue jeudi, M. Danis insistait : l’établissement n’est pas un service de garde, mais bien une école. Avant la COVID, l’établissement accueillait différentes clientèles les soirs et les fins de semaine. Même si le propriétaire a pu penser ainsi, du moment qu’on offre un milieu de garde à des enfants de moins de cinq ans pendant la semaine, c’est un service de garde, ajoute Mme Labrie, même si certaines activités ne relèvent pas de celui-ci. 

Jeudi, le MFA a fait valoir à La Tribune que l’établissement ne dispose pas de permis du ministère de l’Éducation. Il disait avoir offert un accompagnement à M. Danis et estimait que le propriétaire avait pris la décision de fermer. 

Le fondateur est toutefois en désaccord avec cette version des faits. Même s’il faisait une demande de permis, il n’a aucune garantie qu’il l’obtiendrait, avance-t-il en soulignant qu’il a 30 jours pour cesser ses activités (s’il ne va pas de l’avant avec les démarches exigées). Il dit espérer obtenir une dérogation pour terminer l’année scolaire. C’est aussi ce qu’espère un père de famille, Vincent Beaucher, qui signe une lettre ouverte dans notre édition numérique : permettre aux enfants, et à leurs enseignantes, de terminer l’année scolaire là où les enfants l’ont commencée.

La députée sympathise avec les parents, qui doivent trouver des places rapidement. « Je comprends le désarroi des parents. On va faire ce qu’on peut pour les soutenir », dit-elle en rappelant la pénurie de places.