« On a commencé par la conception. On a mesuré le garage pour le mettre sur papier et on s’est ensuite inspiré des jardins français. Je ne m’attendais pas à ce résultat, j’en suis très contente. On a eu toute l’année pour se préparer, ça a bien été », avoue Claudia Labbé, une élève, qui se dit prête à entrer sur le marché du travail.

Peu d'inscrits en aménagement paysager au CRIFA

COATICOOK — Seulement deux élèves réguliers suivent cette année la formation de Réalisation d’aménagements paysagers offerte par le CRIFA de Coaticook, alors qu’habituellement, une dizaine d’élèves y participent. Pour pallier ce manque, les enseignants ont invité des employeurs en ce domaine vendredi soir, afin de se pencher sur les solutions à cette problématique.

« Vendredi, tous les paysagistes de l’Estrie étaient invités ; c’était une première, indique le professeur en aménagement paysager au CRIFA, Mathieu Poisson, présent à l’exposition de fin d’études de ses élèves. On a eu entre 20 et 30 personnes et on voulait leur expliquer quelle est la réalité, la problématique et l’importance de faire un partenariat. Il faut respecter certaines normes du ministère, mais on peut varier la façon dont on donne la formation. On voulait évaluer leur opinion. Est-ce qu’ils sont prêts à libérer leurs employés pour qu’ils viennent se faire former durant la saison un peu plus morte ? On en a parlé. »

Certains employeurs se montrent intéressés, selon lui. « Il y a des paysagistes qui se sont dits prêts à payer des étudiants pour qu’ils viennent se former. Il y a moyen de faire des partenariats avec les entreprises. Tout le monde est prêt à mettre l’épaule à la roue », dit-il, réjoui.

En plus des deux inscrits, quatre autres jeunes suivent les cours dans une formule de concomitance, c’est-à-dire qu’ils finissent leurs études secondaires et font leur DEP en même temps.

L’année en cours est particulièrement difficile pour une grande partie des écoles offrant ce programme, selon M. Poisson. « Il y a 11 écoles d’aménagement paysager au Québec. On s’est réunis en février pour jaser. C’est partout, même aux États-Unis. La main-d’œuvre est difficile à aller chercher, il y a tellement de possibilités d’emplois. Avec les gens qui prennent leur retraite, des postes s’ouvrent partout. [...] C’est vraiment cette année qu’on a un creux, avant cela, on avait toujours au moins huit à dix élèves. Qu’est-ce que ce sera l’an prochain ? C’est sûr qu’on souhaite que les jeunes se mettent à se réinscrire », exprime le professeur.

« On a des babillards et il déborde d’offres d’emploi, poursuit Mathieu Poisson. Il y a quelques années, on voyait des salaires un peu insultants, pour moi. C’était près du salaire minimum. Aujourd’hui, les paysagistes sont un peu plus à l’affût. Ils se rendent compte qu’il faut payer les employés et que lorsqu’ils sont qualifiés, c’est payant. Ça doit être gagnant pour tout le monde », analyse-t-il, mentionnant que généralement, un paysagiste commence avec un salaire horaire d’environ 15 $ l’heure.

24e exposition

Pour une 24e fois, les élèves du Centre de formation professionnelle de Coaticook en horticulture, aménagement paysager, production horticole et fleuristerie ont présenté leur projet de fin d’études : celui de faire deux jardins en lien avec la France et la Bosnie.

« La gang d’aménagement paysager a monté les jardins, explique Mathieu Poisson. L’exposition est une activité pédagogique en premier lieu. C’est pour permettre aux élèves de réaliser différentes choses avec une contrainte de temps. Les élèves ont commencé à faire la conception des plans en novembre. »

Les élèves, eux, sont visiblement fiers de partager leur travail avec les Estriens. « On a commencé par la conception. On a mesuré le garage pour le mettre sur papier et on s’est ensuite inspiré des jardins français. Je ne m’attendais pas à ce résultat, j’en suis très contente. On a eu toute l’année pour se préparer, ça a bien été », avoue Claudia Labbé, une élève, qui se dit prête à entrer sur le marché du travail. 

L’exposition se poursuivra au 125 rue Morgan à Coaticook jusqu’à 16 h dimanche.