À défaut d'une valeur patrimoniale qui justifierait sa conservation, l'Hôtel Wellington verra ses enseignes entreposées à court terme avant d'être intégrées dans le quartier dans un projet particulier.

Peu de valeur patrimoniale pour l'Hôtel Wellington

La valeur patrimoniale de l'Hôtel Wellington n'est pas jugée suffisante pour recommander la conservation du bâtiment, appelé à être démoli. L'édifice du 68, rue Wellington Sud, présente davantage une valeur immatérielle, à l'exception de certains ornements architecturaux d'inspiration néo-classique.
Un mandat a été confié à la firme Jubinville et associés pour donne un avis patrimonial en se basant sur les critères du Bureau d'examen des édifices fédéraux du patrimoine du Canada, la même grille qui avait permis le classement du Théâtre Granada en 1996.
« Nous avons aussi eu une contre-expertise d'Hélène Laperrière, qui est une experte que nous consultons dans divers dossiers de patrimoine. Les deux sont du même avis qu'il y a un certain patrimoine à conserver, mais qu'il est surtout d'ordre immatériel. Il s'agit des activités qui ont eu lieu à l'intérieur du bâtiment, des événements qui ont fait qu'il a été construit. On parle du boom industriel au centre-ville, de la venue des chemins de fer », explique Michael Howard, directeur de la planification urbaine et du développement durable à la Ville de Sherbrooke.
« Notre recommandation est de faire un inventaire de ce patrimoine immatériel, que ce soit des anecdotes, des histoires, des photos historiques et de faire un récit visuel, numérique ou sur un site web, pour se rappeler des événements qui se sont passés dans ce bâtiment. » 
Démolition inévitable
Mais la démolition paraît inévitable. « Il y aurait eu plus de 10 M$ de travaux à faire pour mettre le bâtiment aux normes. C'est sans parler de l'enveloppe. Il n'y a eu aucun entretien dans les deux dernières décennies. Conserver le bâtiment ou conserver la façade en même temps que construire quatre étages de stationnement souterrain, c'est presque impossible. En ingénierie, ce serait très complexe et coûteux. Des essais ont eu lieu dans d'autres villes et ça n'a pas été concluant. »
Il reste tout de même quelques trésors architecturaux. « La première partie du bâtiment, construite en 1928, a des ornements que nous recommandons de préserver ou de reproduire dans le nouveau projet. Nous ferons tout pour les protéger. Si ce n'est pas possible, nous les reproduirons et les utiliserons dans les projets du quartier, que ce soit dans la place publique ou dans des nouveaux bâtiments. » Il est entre autres question de corbeaux en caryatides ou de certains médaillons.
« La deuxième partie construite en 1960 ne représente aucun élément architectural, à part la pierre calcaire au rez-de-chaussée, mais c'est quelque chose qui sera facile à reproduire. » 
La reproduction de ces éléments architecturaux n'empêchera pas la construction d'un édifice contemporain. « Ils pourraient être utilisés dans le hall d'entrée, dans une place publique, un aménagement, par exemple proche d'une fontaine. Ça ne veut pas dire que le bâtiment ne peut pas être moderne et qu'il doit absolument reproduire ces éléments-là. On doit juste souligner le passé. »
Les enseignes au nom de l'hôtel et l'enseigne du bar Le Coude seront entreposées à court terme avant d'être intégrées dans le quartier dans un projet particulier. Plusieurs photos ont aussi été prises pour ajouter aux archives visuelles du bâtiment.