Peu de place pour l'éducation

Pascale Breton
Pascale Breton
La Tribune
Au jour 1 de la campagne électorale, le premier ministre Jean Charest voulait faire des élections un référendum sur le conflit étudiant. Le constat, une trentaine de jours plus tard, est que les enjeux en éducation ont été pratiquement absents des débats.
Le fait que la majorité des étudiants et cégépiens en grève a voté pour un retour en classe au cours des dernières semaines, ou à tout le moins une trêve électorale, n'est pas étranger à la situation, croit le politologue Jean-Herman Guay, professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.
«M. Charest a perdu son principal levier qui était d'opposer la loi et l'ordre au chaos et à la rue. Cette thématique lui a échappé parce qu'elle n'a pas fait la manchette», explique-t-il.
Quant au financement des universités, à la source de la hausse des droits de scolarité et du mécontentement qui a jeté des milliers d'étudiants dans la rue le printemps dernier, le sujet a été complètement occulté.
Dès les premiers jours de la campagne électorale, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a pourtant fait parvenir aux chefs des partis un document qui rappelait que le sous-financement des universités est un enjeu majeur de leur développement.
«Ce document n'a eu aucun impact. C'est un coup d'épée dans l'eau», analyse M. Guay en soulignant qu'il s'agit d'un dossier très technique. Le débat a eu lieu [au printemps dernier] et on n'a pas trouvé de solutions.»
Pour le directeur général de la CREPUQ, Daniel Zizian, c'est une déception. «On aurait souhaité qu'on parle de façon plus importante des défis qu'on a à relever et de l'importance d'assurer une formation de qualité pour la relève.»
Texte complet dans La Tribune de samedi.