L’école Le Goéland accueille des jeunes qui souhaitent terminer leur scolarisation en obtenant par exemple un diplôme d’études secondaires.

Périodes d’examen: les choix du Goéland contestés

La volonté du ministère de l’Éducation de retirer une dérogation à l’école le Goéland suscite des inquiétudes pour la diplomation des jeunes.

L’établissement organise depuis des années ses périodes d’examen en décembre et en mai, ce qui facilite dans certains cas le passage au Cégep ou en formation professionnelle.

Il bénéficiait d’une dérogation afin de présenter les examens durant ces périodes. La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) doit la demander chaque année au ministère de l’Éducation. Or, le Ministère remet en question cette dérogation.

Aux yeux du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), ce changement pourrait faire en sorte, par exemple, d’échapper des jeunes entre l’obtention de leur diplôme d’études secondaires (DES) et leur arrivée au Cégep.

Le Goéland permet aux élèves de suivre des cours manquants afin d’obtenir leur diplôme d’études secondaires, de commencer un parcours en formation professionnelle ou encore pour s’inscrire au Cégep.

« L’horaire est fait de façon à ce que les élèves commencent un peu plus tôt en août que les autres jeunes et qu’ils puissent avoir leurs examens de fin de session avant Noël. Les cours ne se donnent pas sur toute l’année, c’est un peu comme au Cégep (...) À l’hiver, ils recommencent à la mi-janvier, et ils terminent en mai. C’est fait comme ça parce que c’est plus facile pour les jeunes de cet âge-là, souvent ils travaillent », explique le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin, en ajoutant que cela fonctionne ainsi depuis plusieurs années.

« La sanction des études au Ministère veut ramener les examens au même moment que les autres projets dans la province. »

Le ministère de l’Éducation prévoit deux moments pour faire les examens finaux : la mi-janvier et la fin juin, note M. Bergevin.

« En raison de sa clientèle, le centre a adapté le projet à la réalité socio-économique de Sherbrooke entre autres. Les jeunes veulent finir avant Noël. S’il y a un seul cours qui leur manque pour rentrer au Cégep, ils peuvent rentrer en janvier. S’ils font leurs examens seulement à la fin janvier, ils vont manquer leur session d’étude au cégep parce qu’ils n’auront pas leurs notes à temps pour rentrer, ils vont devoir attendre en septembre. »  

En attente de nouvelles de Québec

« On sait qu’un élève qui sort à la fin janvier et qui va commencer le cégep en septembre, entre-temps il va commencer à travailler et c’est difficile de le ramener ensuite... »

« On fait beaucoup d’exceptions dans notre système scolaire pour toutes sortes de raisons. Là, on a besoin de faire exception pour des raccrocheurs. Je pense que ça serait positif de le faire... » renchérit M. Bergevin, qui dit avoir du mal à comprendre la volonté du Ministère.

Pourquoi celui-ci ne veut plus accorder de dérogation? « La disponibilité des épreuves, c’est ce qui revient le plus souvent (NDLR : comme explication) », explique Lisa Rodrigue, directrice générale adjointe aux affaires éducatives à la CSRS. Le Ministère doit fournir des épreuves qui n’ont pas été passées par les élèves avant. La CSRS espère une réponse de Québec avant les Fêtes. Le projet particulier de l’école est quand même renouvelé, tient à préciser Mme Rodrigue.

« Les enseignants sont très préoccupés. Leur crainte, si on modifie le modèle, c’est que ça brise complètement le projet du Goéland et que les élèves qu’on était capable de raccrocher aux études, finalement, décrochent de façon définitive ou qu’on ne puisse les amener vers des études plus avancées », commente M. Bergevin.

Le député de Sherbrooke et ministre de la Famille, Luc Fortin, a été interpellé dans ce dossier par la CSRS.

Il a été impossible de parler à un représentant du Ministère.