Dix millions de $ sont investis pour l’automatisation des procédés pour la période 2018-2020 chez Logiflex. Sur la photo, Guy Robinson, vice-président des opérations chez Logiflex, Mathieu Boisvert, chef d’équipe, Jocelyn Deragon, directeur d’usine, Benoit Leclair, directeur de maintenance et Michel Chouinard, chef d’équipe.

Pénurie de main-d’œuvre : s’automatiser pour conserver ses employés [PHOTOS ET VIDÉO]

L’automatisation n’a pas toujours eu bonne presse. On l’associe encore souvent à la perte d’emploi et à la mise sur le carreau de travailleurs humains, mais dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre comme connaît le Québec depuis quelques années, l’automatisation présente un tout nouveau visage. Plusieurs entreprises dont Mobilier de bureau Logiflex à Sherbrooke s’en servent dorénavant pour conserver leurs employés.

L’automatisation de l’entreprise qui produit plus de 125 000 meubles en mélamine annuellement a débuté au tournant du millénaire pour des raisons complètement différentes de celles d’aujourd’hui. 

« À cette époque, ce qu’on voulait c’est d’augmenter notre capacité de production, souligne Guy Robinson, vice-président des opérations chez Logiflex. Maintenant ça complètement changé, ça va nous servir à combler la rareté de la main-d’œuvre. Il va falloir assimiler l’automatisation et la robotique à l’humain parce que la pénurie de main-d’œuvre nous frappe. On a beaucoup de misère à embaucher, ça prend beaucoup de temps et d’énergie. On va s’occuper comme il faut des gens qu’on a en ce moment dans la cabane. »

Des postes de travail revampés

Des investissements d’environ 20 millions de $ en automatisation ont été faits depuis les débuts de l’entreprise en 1993. Le dernier jouet dans la liste est une ventouse, installée il y a quelques mois à peine, qui permet aux employés de lever de grandes charges sans faire d’effort physique.

« On essaye d’avoir des postes de travail qui sont accessibles à tout le monde, explique Benoit Leclerc, directeur de la maintenance et des projets majeurs. La ventouse nous permet de lever des charges de 100 ou 150 livres qui auparavant devaient être levées à la main. On veut garder nos gens au-delà de l’âge de la retraite et l’important c’est d’avoir de bonnes conditions de travail. Ça passe par les postes de travail. À la fin de la journée il faut que nos employés soient encore capables de se faire à souper.»

« L’objectif, c’est que tous les postes de l’usine soient accessibles à tous les types de personnes, grandes, petites, fortes ou moins fortes, ajoute-t-il. En uniformisant la difficulté du travail, on peut faire du mouvement de main-d’oeuvre et avoir une flexibilité dans l’usine. »

Logiflex, dont les points de vente se retrouvent un peu partout en Amérique du Nord, projette déjà de mettre des ventouses sur plusieurs autres postes de travail.

L’entreprise compte également sur un entrepôt complètement automatisé depuis 2004. Les plaques de mélamine sont disponibles sur demande grâce à un robot équipé de ventouses. Le robot se rappelle exactement où tous les types de plaques ont été entreposés. Il prend même en note la nouvelle position des plaques s’il les déplace. Logiflex était à l’époque l’une des premières entreprises en Amérique du Nord à faire installer ce type d’entrepôt.

« C’est pas mal la première pièce d’automatisation qu’on a eue, souligne M. Leclerc. Ça nous a beaucoup aidés pour la productivité, mais aussi pour la santé et sécurité. Avant c’était des gens qui manipulaient tous ces morceaux, maintenant c’est une machine. »

Logiflex a connu une grande phase d’automatisation il y a dix ans. Cinq plaqueuses manuelles ont été remplacées par une machine automatisée. Le nombre d’employés dans cette section de l’usine est passé de 22 à 2 et la production a augmenté. Les employés ont été réaffectés à d’autres tâches.

Logiflex aura également un magasin complètement automatisé dans les prochains mois. Dix millions de dollars sont investis pour l’automatisation des procédés pour la période 2018-2020.

« On avait deux à trois personnes qui faisaient ça à temps plein, mentionne M. Leclerc. On aura plus besoin de ces postes-là, on va pouvoir donner d’autres tâches à nos employés. C’est tellement difficile de recruter qu’on ne peut pas se permettre de balayer des gens. Les tâches qu’on a aujourd’hui n’existeront peut-être plus dans cinq ans, ça en sera d’autres. On va former nos gens pour qu’ils puissent rentrer dans ces nouveaux postes. C’est important de les garder. »

Des tables élévatrices lors de l’assemblage pour permettre aux employés de travailler à la hauteur qu’ils désirent et une machine pour soulever les meubles et les changer de côté sont également des exemples d’automatisation chez Logiflex.

L’employé Yves Caron peut travailler à la hauteur qu’il désire en raison des tables élévatrices.