Les deux arcades devaient représenter les colonies francophones et anglophones qui s’unissent pour bâtir la ville et évoquent un tipi, un symbole qui rappelle la présence des Abénaquis sur ce site.

Pas de tipi pour le pont des Grandes-Fourches?

PRIMEUR /  La signature du pont des Grandes-Fourches qui devait comporter des haubans rappelant un tipi est en péril. Le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke recommandera de ne pas dépasser l’enveloppe de 5,4 M$ prévue pour rehausser l’aspect esthétique du pont, ce qui pourrait pousser les élus à mettre une croix sur ce design.

« Il y aura une signature, mais peut-être pas celle du départ, car elle est beaucoup trop coûteuse, confirme la conseillère du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance. Les plans ont été revus dans l’optique de faire un pont haubané, mais différent de ce qui avait été proposé par les étudiants en architecture. Il était un peu plus sobre, mais malgré ça, il y avait un dépassement de coûts important. »

La conseillère ne pouvait pas préciser, dimanche, le dépassement de coûts qu’aurait engendré cette option.

Impact

Les projets qui seront développés autour du pont créeront un certain impact, selon elle. « On sait qu’une première phase de Parcours est dans les gorges de la rivière. Avec tout le réaménagement des berges, c’est quelque chose qui sera très beau. Nous pensons que nous pouvons miser sur d’autres atouts que la signature du pont, qui serait très coûteuse et qui nous lierait les mains pour d’autres beaux projets qu’on voudrait faire autour de cet emplacement historiquement très important. C’est la naissance de Sherbrooke qui a eu lieu là, il ne faut pas se tromper », met en contexte celle qui fait partie du comité exécutif.

Est-ce que le concept de tipi est complètement écarté? « C’est difficile à dire, répond Chantal L’Espérance. Il faut travailler avec des architectes. Les ingénieurs ont regardé toutes les faisabilités à l’intérieur de l’enveloppe et ce n’était pas possible. »

Chantal L’Espérance

Mme L’Espérance explique que le comité exécutif recommandera à la séance du conseil municipal de lundi de respecter cette enveloppe de 5,4 M$. « Il faut regarder avec les élus ce qu’ils entendent faire. Le pont tel qu’il avait été proposé avait des problèmes au niveau de l’enveloppe budgétaire. Il est évident qu’on n’arrivait pas. Ce qu’on veut essayer, c’est de contenir tout dans l’enveloppe budgétaire qui était déjà consentie. On a deux possibilités qui seront présentées aux élus pour entrer dans cette enveloppe de 5,4 millions $ excédentaires », dit Mme L’Espérance, en refusant d’expliquer les deux options.

Le plus beau possible

« On avait une enveloppe consentie de 5,4 millions pour faire quelque chose de beau, rappelle-t-elle. On voulait que ça reste pour les générations futures, un pont a une durée de vie de 75 ans. Alors essayons de le faire le plus beau possible à l’intérieur de ça. »

Aucun concours d’architecture n’est prévu. « On a de bonnes firmes d’architectes. Il n’y aura pas de pilier central, c’est non négociable. On ne veut pas de pilier dans la rivière et on veut redonner les berges aux citoyens. Le pont, on veut l’avoir là où on avait décidé de le faire passer pour tout le développement de la cellule et tout le développement aux alentours des Grandes-Fourches. Mais l’enveloppe budgétaire nous inquiétait », indique la conseillère.

« Ce qui était le moins coûteux, c’était de passer exactement où il est et le ministère assumerait tous les frais, mais ce n’est pas ça qu’on voulait faire, précise-t-elle. C’est pourquoi on avait eu 26 M$ d’accordés par le ministère des Transports pour le pont et pour réaménager tout le carrefour Terrill, pour faire quelque chose de beaucoup plus au goût d’aujourd’hui et dans le sens du développement durable. »

Rappelons que la Ville de Sherbrooke avait accepté de payer 10,6 M$ pour le pont à haubans, ce qui inclue les 5,4 M $ prévus pour la signature. En ajoutant les travaux d’urbanisation, l’ensemble de la relocalisation du pont des Grandes-Fourches, avec l’option retenue, coûterait 36,6 M$.