Joanie G. Parenteau demande de l'aide pour rendre plus abordable son service de garde pour des enfants avec des besoins spéciaux. Elle est en compagnie de Charlie, une enfant qui fréquente le service de garde.

Pas de subvention pour son service de garde pour les enfants à besoins spéciaux

Joanie G. Parenteau peine à garder la tête hors de l'eau. Elle a dû lancer une campagne de sociofinancement pour sauver son service de garde pour les enfants nécessitant des soins adaptés, Mes petits coups de coeur.
« Je suis acculée au pied du mur, je ne veux pas fermer, mais si rien ne se passe dans les prochains mois, je serai forcée d'envisager cette solution », lance-t-elle quelque peu déçue des 610 $ amassés jusqu'à maintenant.
Elle espère amasser 20 000 $ qui serviront à diminuer les coûts pour les parents
« Ça coûte 65 $ par jour pour un enfant. Faites le calcul, ça revient à 1300 $ par mois. Les parents ne peuvent pas se le permettre pendant une longue période. Ça ne vaut pas la peine de perdre sa maison pour une place en garderie, je les comprends. »
« Mais il y a des coûts à s'occuper d'enfants avec des besoins spéciaux et j'ai des employés à payer. Nous avons un ratio élevé d'intervenantes et certains enfants nécessitent une attention constante. Il y a des résultats tangibles avec les enfants. »
L'entreprise compte deux employés à temps partiel et embauche des stagiaires du Cégep et de l'Université de Sherbrooke.
« Si nous sommes capables d'injecter 600 000 $ pour la SPA et des chats, nous sommes capables d'amasser 20 000 $ pour des enfants avec des besoins spéciaux. Ce n'est pas tous les enfants qui peuvent aller en CPE. La demande est là. J'ai même déjà pensé ouvrir un deuxième service de garde. »
Pas de subvention
Le service de garde Mes petits coups de coeur n'obtient aucune subvention gouvernementale. La raison : Joanie G. Parenteau n'est pas en mesure de le faire accréditer.
Pour obtenir l'accréditation, le ministère de la Famille demande entre autres, selon Mme Parenteau, qu'il n'y ait pas plus de deux enfants avec des besoins spéciaux dans le service de garde.
« Mon service de garde d'adresse justement à cette clientèle. C'est insensé de me demander d'en avoir maximum deux. Nous sommes une première initiative du genre au Québec, mais ils s'en foutent. »
Le Ministère demande également au service de garde de fournir les repas aux enfants.
« J'ai six enfants avec des besoins spéciaux. J'ai 14 allergies alimentaires à gérer et les enfants ont souvent de grosses rigidités alimentaires. Je ne peux pas commencer à préparer des repas pour chacun. »
Le Ministère reproche également à Joanie G. Parenteau de ne pas proposer de programme éducatif.
« Certains des enfants ont de la difficulté à s'asseoir tout seuls. On s'entend que nous ne sommes pas rendus à apprendre les couleurs et manier des ciseaux. »
Joanie G. Parenteau déplore également que les organismes publics ne puissent pas référer des services de garde privés.
« Ils ne peuvent même pas parler de mon service à des familles qui pourraient en bénéficier. Si je n'arrive pas à promouvoir le service, j'ai de la difficulté à survivre. »