Les résultats du projet-pilote mené devant sept écoles pour réduire la vitesse seront connus à l’hiver 2021.
Les résultats du projet-pilote mené devant sept écoles pour réduire la vitesse seront connus à l’hiver 2021.

Pas de réduction des limites de vitesse avant 2022

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Tout indique que les limites de vitesse dans les rues de Sherbrooke ne seront pas modifiées avant 2022 si le conseil municipal décide de les abaisser. La présidente du comité de sécurité publique, Danielle Berthold, a affirmé jeudi qu’un plan d’action en trois volets est lancée dans l’espoir que les élus se prononcent en 2021. Il faudra toutefois adopter un budget si des changements sont souhaités, ce qui rendrait difficile le remplacement de panneaux avant 2022.

« Un questionnement comme celui-là, ça arrive une fois tous les cinquante ans. On est dedans et nous sommes en pleine réflexion. Je pense que c’est le moment propice pour le faire », dit Danielle Berthold.

En octobre 2012, en décembre 2015 et à la suite d’une discussion au comité de sécurité publique en 2018, le conseil municipal choisissait de maintenir la vitesse à 50 km/h dans les rues urbaines. Annie Godbout avait enregistré sa dissidence en 2018. 

Pour obtenir une vision globale, un plan d’action en trois volets sera mis en place. Le premier volet concerne le projet-pilote mené devant sept écoles primaires, alors que des radars éducatifs ont été installés et où des lignes brisées ont été peintes au sol. « Des mesures sont prises pour voir si les automobilistes respectent les 30 km/h. Les résultats pourraient nous permettre de déterminer si nous devons étendre ces mesures à d’autres écoles. »

L’efficacité de ces moyens et les coûts des changements à apporter seront évalués.

Un deuxième volet concerne entre autres la diminution à 30 km/h de la vitesse devant les parcs et les CPE pour encourager le transport actif et le rendre plus sécuritaire. Les sites où les usagers de la route sont plus vulnérables seront choisis en consultant le plan d’intervention de sécurité routière en milieu municipal, un document qui sera bientôt déposé au conseil municipal. Une intervention basée sur ce plan permettra d’ajouter des traverses en pavé de béton au coin des rues King Ouest et Belvédère, où la programmation des feux de circulation a été revue pour donner la priorité aux piétons et aux cyclistes.

Le troisième volet évaluera la pertinence de réduire la limite de vitesse dans les rues locales. « Il est démontré que la vitesse pratiquée à Sherbrooke dans les trois dernières années démontre une tendance à la baisse, disait-on en 2015 », rappelle Danielle Berthold. « Les limites étaient respectées dans 75 % des cas. Les données statistiques sur les accidents seront considérées. L’abaissement de la limite de vitesse a des avantages et des désavantages. Un mandat sera octroyé à une firme d’ingénierie et un sondage sera réalisé auprès de la population. »

La présidente du comité de sécurité publique, Danielle Berthold, et la directrice du Service des infrastructures urbaines, Caroline Gravel, ont donné un point de presse jeudi pour expliquer le plan d’action pour la réduction de la vitesse dans les rues à Sherbrooke.

Mme Berthold avait mené son propre sondage maison qui laissait croire que la majorité des 400 répondants souhaitaient un abaissement de la vitesse à 40 km/h dans les rues. 

« Un état d’avancement du plan sera présenté à l’hiver 2021, en incluant les résultats du volet 1. Le coût de ce plan d’action représente un investissement de 100 000 $. C’est la première fois que je sens depuis que je suis élue une volonté de nos services et de tous les gens impliqués de vouloir revoir de fond en comble ce qui se passe avec la vitesse dans les rues de Sherbrooke. »

Mme Berthold soutient ne plus défendre la même position qu’en 2018...

Interrogée à propos du temps qu’il faudra pour arriver à des conclusions, Danielle Berthold indique qu’elle souhaite que les décisions soient réfléchies. « On s’est fait reprocher d’installer des pistes cyclables trop rapidement sur la rue Galt Ouest cet été. Je ne voudrais pas qu’on se fasse dire par les gens qui sont silencieux qu’on aurait dû les consulter avant d’agir. Quand on prendra une décision, nous aurons tous les outils pour que ce soit une décision réfléchie. Trois-Rivières avait réduit la limite à 40 km/h et ils ont fait marche arrière. Pourquoi? On va aller voir. Je demande de la patience. »

Selon Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, il faudrait prévoir environ 1,2 M$ pour changer la signalisation sur le territoire de la ville si la limite de vitesse changeait. « Si les artères principales sont à 50 km/h et les quartiers résidentiels à 40 km/h, il faut mettre des pancartes à l’entrée et à la sortie des quartiers. Il faut aussi prévoir le coût associé au schéma de couverture de risques des pompiers. Les casernes sont implantées en fonction du temps de déplacement à 50 km/h. Ce coût-là n’a jamais été évalué. »

Danielle Berthold ajoute qu’une limite plus basse aura un impact aussi sur les temps des trajets des autobus de la Société de transport de Sherbrooke.

Caroline Gravel estime qu’il serait utopique de penser qu’un déploiement survienne avant les prochaines élections, mais la décision, elle, pourrait être prise d’ici un an.

Enfin, concernant la vitesse sur la rue des Épinettes, Caroline Gravel indique que l’ajout d’une pancarte « Attention à nos enfants » coûterait environ 150 $. « Je dois vérifier si ce sont des panneaux qu’on installe encore. Si nous en avons encore, on va en mettre un tout simplement. »