Malgré l'enquête de l'Agence canadienne d'inspection des aliments qui est en cours, la production de crème glacée va bon train à la Laiterie Coaticook.

Pas de rappel à la Laiterie Coaticook

À peine vingt-quatre heures après que la famille ayant trouvé un cathéter dans un sceau de crème glacée Coaticook soit sortie dans les médias, les amateurs de délices glacés ne semblaient pas du tout inquiets, Plusieurs dizaines de personnes dégustaient leur collation sur la terrasse de l'établissement, hier après-midi.
Les mordus de crème glacée ne craignaient pas de savourer leur collation givrée en famille et c'est le cas d'Anick Rodrigue et sa fille, Alyssia Rozon-Rodrigue. «On a vu ça aux nouvelles ce matin, commente la maman. On n'a pas eu peur. On vient toutes les années. Ce n'est pas une épidémie, c'est simplement quelque chose qui a été retrouvé.»
Certains clients, comme Christophe Szwab, voient même un coup monté en cette situation. «Au début, je pensais que c'était truqué. On sait que la Laiterie est une bonne compagnie. Je voulais venir les encourager aujourd'hui, et on voit que je ne suis pas le seul!» a-t-il admis.
Des vérifications
L'Agence canadienne d'inspection des aliments est présentement sur place pour faire des vérifications. À moins d'un revirement, la Laiterie ne procédera à aucun rappel pour sa crème glacée, selon le propriétaire de la Laiterie Coaticook, Jean Provencher. «Le bureau des rappels est toujours en analyse, mais on n'a pas de nouvelles qui va dans ce sens-là», dit-il.
Le cathéter qui a été retrouvé dans le sceau de crème glacée n'est pas le même qui est disponible à l'hôpital de Coaticook. «On a vu qu'il y a une différence entre le cathéter qui a été retrouvé et le cathéter qui est disponible ici aux urgences de Coaticook. Ce n'est pas tout à fait le même type, explique M. Provencher. On fait des vérifications avec le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). On focalise beaucoup sur la provenance du cathéter pour savoir d'où il vient et faire avancer l'enquête», continue-t-il.
La marque n'est pas en danger
Selon le professeur en lettres et communications à l'Université de Sherbrooke, Marc D. David, la Laiterie Coaticook a l'avantage de posséder une excellente réputation. «La marque a une bonne réputation depuis plusieurs années et est en expansion, explique-t-il. Elle est connue bien au-delà de la région. La lumière doit premièrement être faite sur les événements. »
Selon M. David, aucune compagnie n'est à l'abri d'une mésaventure comme celle-ci. «Ce sont des choses qui peuvent arriver. Il faut rassurer la population en insistant sur les processus de qualité. Personnellement, j'aurais fait un rappel préventif de cette ligne de produits», analyse M. David.
Toujours selon Marc D. David, rassurer la population est un élément clé dans une situation comme celle-ci. «L'important ce n'est pas seulement les discours, c'est de démontrer que la Laiterie fait tout en son possible pour assurer la qualité, la sécurité et la santé publique», analyse-t-il, en ajoutant que cela doit être fait rapidement.
L'enquête de l'Agence canadienne d'inspection des aliments est toujours en cours. La production, quant à elle, se poursuit normalement.
La famille Francoeur n'engagera pas de poursuite
La famille Francoeur, qui avait trouvé un cathéter intraveineux dans un pot de crème glacée Coaticook, a appris que la santé de ses membres n'était pas menacée. Un hémato-oncologue a en effet annoncé aux Francoeur qu'il n'y avait aucune chance que ceux-ci aient été infectés par une maladie en consommant la crème glacée.
Les Francoeur ont poussé un immense soupir de soulagement en apprenant qu'ils n'avaient plus à craindre pour leur santé. Plus encore, le fait d'écarter la perspective d'une longue incertitude les a réjouis au plus haut point. «Nos craintes d'avoir contracté une maladie, et de devoir subir des traitements préventifs pendant six mois, viennent de tomber», affirme Carole-Anne Christofferson, la grand-mère maternelle de la famille Francoeur. Mme Christofferson a ajouté avoir retrouvé la quiétude, tellement elle était soulagée pour sa fille, son gendre et son petit-fils.
Dans la journée de mardi, les inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec étaient de passage au domicile des Francoeur, afin de saisir le cathéter. Ils ont alors précisé que l'objet était en fait un cathlon. Celui-ci a ensuite été envoyé dans un laboratoire de Québec pour être analysé.
Quoi qu'il en soit, les Francoeur ont décidé de ne pas engager de poursuite contre la Laiterie Coaticook. À ce sujet, Mme Christofferson a simplement mentionné qu'après tout, c'était leur santé qui comptait le plus. La grand-mère a également soutenu que le but de la sortie médiatique de sa famille n'était pas de nuire à la Laiterie Coaticook.
Brouhaha sur les réseaux sociaux
Les réactions à l'histoire des Francoeur ont été nombreuses sur les réseaux sociaux. Si certains compatissent avec la famille, d'autres plaident plutôt pour un complot envers la Laiterie Coaticook. Certains commentaires étaient même carrément méchants à l'endroit de la famille.
Devant cette tempête numérique, Mme Christofferson a ressenti le besoin de clarifier les choses. «Ce n'était pas pour faire un coup d'argent», assure-t-elle. Pour soutenir ses propos, la grand-mère a fait remarquer que son gendre gagnait déjà un salaire enviable, et que les conséquences médicales affectant sa famille étaient trop importantes pour qu'il s'agisse d'un coup monté.
Les internautes ont pour leur part indiqué que l'histoire était insensée, en raison des normes de sécurité en vigueur à la Laiterie. Comme seule réponse, Mme Christofferson a rappelé le constat qu'elle avait fait le soir où sa famille a découvert le cathlon. «Le pot de crème glacée était scellé», atteste-t-elle.
Mme Christofferson se désole par ailleurs de la tournure des événements. «Nous ne voulions pas que les choses dégénèrent. Ce n'était pas intentionnel», constate-t-elle.