Le directeur du développement des affaires et des nouveaux produits chez Englobe, Serge Loubier, a analysé les sacs de compostage disponibles sur le marché à Sherbrooke.

Pas de lien entre les sacs et le rendement

SHERBROOKE — Le ministère de l’Environnement et de Lutte aux changements climatiques (MELCC) estime qu’il ne faut pas faire de corrélation entre l’utilisation de sacs pour le compostage et le rendement de collecte de résidus alimentaires.

Le Ministère se base sur une étude de Recyc-Quebec et Solinov faites auprès de municipalités québécoises et ontariennes, incluant Sherbrooke et Coaticook, dont la synthèse a été déposée en novembre 2014.

« La perception selon laquelle l’utilisation de sacs de plastique (compostable ou ordinaire) permet d’obtenir un rendement de récupération plus élevé des résidus alimentaires semble somme toute démentie par les résultats de l’étude de cas. Il apparait qu’il n’y a pas de relation directe entre le type de sacs permis et le rendement de récupération des résidus alimentaires par les résidences unifamiliales et les petits immeubles de logements (...) Si l’utilisation d’un sac de plastique pour la récupération des résidus alimentaires est souvent perçue comme un outil qui facilite la tâche aux citoyens, la performance de récupération des résidus alimentaires ne peut être associée au seul facteur qu’est le type de sac permis »

Par écrit, Le MELCC indique que l’enjeu principal de l’utilisation des sacs, compostables ou non, est lié avec la problématique des odeurs nauséabondes qui se dégagent des matières organiques et des liquides qu’elles génèrent lorsqu’elles sont collectées et conservées en condition anaérobie (sans oxygène) dans un sac étanche.

« L’expérience vécue au Québec dans le passé est à l’origine des balises d’encadrement du Ministère pour ce type de matières qui vise à éviter de reproduire les problématiques majeures de nuisances liées aux odeurs. Ces expériences causent des impacts négatifs à la participation citoyenne et sur leur perception de l’industrie du compostage au regard de l’implantation de nouvelles installations. »

Simple et facile

Pour l’adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable à l’Université de Sherbrooke, Patrice Cordeau, le compostage domestique doit être « simple et facile ».

« Pour l’atteinte des objectifs de 2020 et se soustraire aux impacts négatifs de la collecte des matières organiques, les sacs compostables sont incontournables. J’ai de la difficulté à concevoir de problème d’odeur à l’intérieur des sacs compostables parce que les sacs homologués se désintègrent facilement », estime Patrice Cordeau dont la position en faveur de l’utilisation des sacs compostables a été accueillie par plus de 200 personnes la semaine dernière lors d’un colloque sur la gestion des matières résiduelles à Saint-Hyacinthe.

Englobe soumis aux anciennes normes

Les lieux de compostage pour Sherbrooke de la firme Englobe à Bury ne sont pas soumis à ces exigences parce que son certificat d’autorisation a été émis avant 2008.

« Le principe du compostage est de maintenir un équilibre entre l’apport de carbone et les nutriments qui contient des bactéries dans l’objectif de stabiliser la matière organique », explique le directeur du développement des affaires et des nouveaux produits chez Englobe, Serge Loubier.

Une visite du site de compostage d’Englobe à Bury permet de constater que les odeurs sont limitées.

« Nous traitons plusieurs tonnes de matières organiques sans que ça pue parce que c’est bien fait. Il y a un apport en oxygène qui fait en sorte que nous n’avons pas de problème d’odeur. Même s’il y a des sacs utilisés par certains citoyens pour le compost, il n’y a pas d’odeur parce que nous réussissons à les gérer », ajoute le directeur général d’Englobe pour l’Estrie pour le centre de traitement de sol et de la biomasse, Olivier Sylvestre.