Récup Estrie interrompra ses activités de tri des matières recyclables du 29 mai au 14 juin. La Régie demande donc aux municipalités membres d’interrompre leur cueillette pendant cette période.
Récup Estrie interrompra ses activités de tri des matières recyclables du 29 mai au 14 juin. La Régie demande donc aux municipalités membres d’interrompre leur cueillette pendant cette période.

Pas de collecte de recyclage pendant deux semaines?

Les municipalités membres de la Régie de récupération de l’Estrie, Récup Estrie, devront vraisemblablement cesser la collecte des matières recyclables pendant deux semaines entre le 29 mai et le 14 juin. 

Récup Estrie devra arrêter complètement ses activités pour installer ses nouvelles machines de tri optique. Cette décision déplaît à la mairesse d’Ascot Corner, Nathalie Bresse, qui juge que le problème a simplement été « pelleté dans [sa] cour ».

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, veut quant à lui éviter toute suspension des collectes.

« C’est un très gros problème et la vision du conseil, c’est que le problème ne devrait pas être de notre côté. Nous avons un contrat avec la Régie des hameaux pour la collecte et un contrat avec Récup Estrie pour recevoir notre recyclage. Si Récup Estrie doit fermer pour deux semaines, c’est plate à dire, mais ce n’est pas mon problème. Qu’il trouve une alternative ou une place pour entreposer les matières », suggère Nathalie Bresse.

À l’inverse, Récup Estrie souhaite que les citoyens des cinq MRC liées à la régie conservent le contenu de leur bac de récupération.

Nathalie Bresse

« Chez nous, ça représente deux collectes. C’est beaucoup! On ne reste quand même pas les bras croisés alors nous avons proposé de faire notre collecte du 29 un peu en avance pour éviter d’annuler ces deux collectes. Nous avons mandaté notre DG pour s’occuper de ce dossier.

« Chose certaine, je ne vois pas où les citoyens vont accumuler toutes ces matières et on ne veut pas qu’ils mettent à la poubelle des matières récupérables, surtout que la collecte des déchets ne se fait qu’une fois par mois depuis le mois de janvier. »

Steve Lussier est pour sa part catégorique : « Ce n’est pas vrai que pendant deux semaines, il n’y aura pas de collectes. La population s’attend à avoir ce service. Elle paye pour. Nos équipes sont au travail pour trouver une solution. Nous avons deux régies. J’espère qu’elles peuvent se parler et trouver une solution. »

Steve Lussier

Selon M. Lussier, pour Sherbrooke seulement, chaque collecte hebdomadaire permet de recueillir entre 300 et 350 tonnes de matières recyclables.

Le président de Récup Estrie, Pierre Avard, explique qu’on a cherché la solution la plus économique et la moins dommageable pour l’environnement. « Notre objectif ultime avec la nouvelle machinerie est d’arrêter de vendre notre papier en Asie et de trouver preneur ici, ce qui sera plus rentable pour nous et meilleur pour l’environnement. »

Pierre Avard

Il rappelle qu’au moment où la Régie a repris le contrôle de son usine, les collectes de matières recyclables avaient été interrompues pendant un mois. « Là, on ne parle que de deux semaines. La dernière fois, nous avions envoyé les matières chez Valoris pour qu’elles soient mises en ballots. Ça réduit la qualité de la matière quand on procède de cette façon. Il faut aussi penser à tout le transport nécessaire et à l’entreposage. Nous voulons éviter de transporter de la matière pour rien. Nous avons vérifié auprès des entrepôts que nous avions utilisés la dernière fois et ils ne sont pas libres. »

Steve Lussier semble pourtant suggérer que Valoris pourrait faire partie de la solution. Il n’achète pas l’argument selon lequel des coûts importants seraient liés au transport des matières. « Il y aura des coûts importants aussi si nous devons enfouir cette matière. Nous l’avons vu récemment, les municipalités enfouissent déjà plus que l’an denier... »

Les plus récentes données de Valoris démontrent effectivement que huit des seize municipalités membres ont augmenté le tonnage de leurs matières résiduelles au cours des trois premiers mois de 2020.

Pour M. Avard, les citoyens comprendront la situation. « On ne s’attend pas à ce qu’ils sautent de joie, mais en leur expliquant, on pense que ça ira. L’idée, c’est de garder les matières recyclables chez eux, dans un coin du garage, jusqu’à la reprise des collectes. Comme ils le savent maintenant, ils peuvent aussi disposer maintenant des accumulations qu’ils ont déjà. Le sacrifice demandé est dans une vision de protection de l’environnement. »