Lorsqu’ils vivaient dans leur Colombie natale, Jose Angulo et Jazmine Lopez travaillaient et avaient une domestique pour les aider dans leurs tâches quotidiennes. Aujourd’hui, chacun a ses reponsabilités à la maison, ce qui maintient l’harmonie. Le couple a accepté de participer au nouveau programme de la FCCE.

Partager les tâches pour mieux vivre ensemble

Sensibiliser les familles immigrantes aux avantages d’un partage égalitaire des tâches et des responsabilités ménagères dans un contexte québécois; voilà l’objectif d’un nouveau programme de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) qui vise ultimement à favoriser l’autonomie des femmes.

« Les études démontrent que même dans la communauté d’accueil, les femmes ont plus de tâches et responsabilités à la maison que leur conjoint masculin et cette inégalité est encore plus grande dans les communautés immigrantes. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il serait souhaitable que le partage des tâches soit plus égalitaire puisque cela permettrait à davantage de femmes d’intégrer le marché du travail et ainsi acquérir une autonomie financière », explique la coordonnatrice de projet à la FCCE Mariame Cissé.

L’organisation est à la recherche de 20 couples d’immigrants qui accepteraient d’échanger sur les rapports de genre au Québec et sur l’importance d’une configuration des rôles familiaux optimale. Des couples de Québécois sont aussi recherchés pour participer aux discussions.

« Dans leur pays d’origine, souvent toutes les tâches ménagères incombaient aux femmes, mais ces dernières avaient aussi accès à l’aide de leur entourage ou de domestiques bien souvent puisque dans plusieurs pays, il est possible d’engager à faible coût des domestiques. Ici, les familles n’ont pas les moyens d’engager de l’aide », spécifie Mme Cissé.

C’est le cas de Jazmine Lopez et Jose Angulo. Dans leur Colombie natale, la première était enseignante et le deuxième psychologue et les parents de deux enfants pouvaient compter sur l’aide d’une domestique à la maison. Au Québec depuis neuf ans, ils travaillent maintenant ensemble dans la garderie qu’ils ont créée dans leur maison.

« Je suis chanceuse, car chez nous, on partage vraiment les tâches liées à la maison maintenant qu’on est au Québec. Mon mari prépare le petit-déjeuner, je prépare le souper. Il fait le ménage et le lavage, je m’occupe du rangement. Et chacun fait sa vaisselle. On a accepté de participer au programme pour parler de notre expérience et montrer les avantages du partage des tâches », note Mme Lopez.

La période de recrutement se termine en juin. Après, quatre groupes de discussion seront formés. « On va séparer les membres des couples pour que chacun puisse s’exprimer librement. L’idée est de faire tomber les jugements sociaux, car parfois les hommes immigrants sont volontaires pour aider, mais la société critiquera alors l’épouse et lui reprochera de ne pas être une bonne épouse puisqu’elle demande à son mari d’accomplir des tâches », raconte Mme Cissé, confiant qu’une amie de l’ex-Yougoslavie lui a raconté qu’un jour, dans son pays natal, elle avait envoyé son mari faire une course à l’épicerie et que sa belle-mère l’avait jugée sévèrement.

À partir des discussions seront écrits des scénarios. Sous la supervision du Théâtre des Petites Lanternes, une diffusion grand public du théâtre-forum est prévue pour l’hiver 2019 et des capsules vidéo seront réalisées afin servir d’outils de sensibilisation à l’avenir.
Le programme est réalisé grâce à l’aide financière du Secrétariat à la condition féminine du Québec. Pour plus d’information ou pour s’inscrire, on peut contacter Nyange Makambo ou Isabel Echeverri au FCCE au 819 823-0841 ou à l’adresse communication@fccestrie.org.

« En plus, on dit qu’un meilleur partage donne un mariage plus heureux où chacun peut s’épanouir », conclut Mme Cissé.