La directrice du Baobab Café, Catherine Larouche, l’accompagnatrice en fin de vie Diane Huguette Beauséjour et le célébrant de funérailles personnalisées François Drouin invitent les Sherbrookois à parler de la mort.

Parler de la mort... autour d’un café

Pour plusieurs, la mort peut être un sujet tabou, difficile à aborder. Elle peut susciter la peur, mais mais aussi la curiosité. C’est pourquoi l’accompagnatrice de personnes en fin de vie Diane Huguette Beauséjour et le célébrant de funérailles personnalisées François Drouin organisent le tout premier Café mortel, qui sera présenté au Baobab Café le 18 avril.

Le concept est simple : plusieurs personnes viennent parler de la mort autour d’un café. Les sujets peuvent tourner autour du deuil, des croyances, de la mort des autres ou bien de sa propre mort. « Un café c’est un lieu de confidences, décrit M. Drouin. Il y a parfois des secrets qui se disent. C’est un endroit décontracté qui va permettre aux gens de se dévoiler, s’ils le veulent. Les gens peuvent aussi venir écouter et parfois être touchés par ce qu’ils entendent. »

« Ce n’est pas nécessairement un endroit où les gens vont parler du deuil, continue François Drouin. Ça peut l’être, les gens peuvent parler d’expériences de deuil présent ou passé et ça leur fait du bien d’avoir un espace ponctuel et presque spontané. Mais ça peut être autre chose, quelles émotions, sentiments et doutes existentiels ça vient chercher? »

Les réactions et émotions peuvent varier d’une personne à l’autre lors de ce genre d’événement, assure Mme Beauséjour. « On peut pleurer, on peut rire. Souvent, l’effet, c’est d’apprécier la vie. »

Ce qui est particulièrement important pour les deux organisateurs, c’est la liberté de parole. « On n’est pas là pour vendre un produit, on ne veut pas amener les gens à croire en quelque chose, ajoute son collègue. Il y a un espace de neutralité bienveillante, où il y a des parties de nous gelées qui peuvent revenir à la vie. »

Mme Beauséjour et M. Drouin auront le rôle de facilitateur et espèrent voir une trentaine de Sherbrookois se prêter au jeu. « C’est tellement tabou... les gens ont peur de parler de la mort. Nous sommes tous mortels et on vit comme si ça n’existait pas. Quand ça arrive, c’est le choc. On veut que ça passe le plus vite possible pour ne pas déranger les gens. Plein de deuils ne sont pas faits et ça crée plein de malaises psychologiques », analyse la dame.