Maude Charland-Lallier, directrice du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, le photographe Claude Guérin, Brigitte Graff, directrice du Comité arts et culture Jacques-Cartier (partenaire de l’exposition), Anne-Josée Beaudoin, présidente du Club Photo de Sherbrooke, René Houle, membre du comité de sélection et concepteur de Parcours Photo Sherbrooke, et le photographe François Lafrance. Absent : les photographes Jean-François Lemire et Mario Cyr.

Parcours photo Sherbrooke : regards multiples sur l’environnement

C’est sur le thème Notre monde : son environnement qu’a été inaugurée hier la nouvelle cuvée du Parcours Photo Sherbrooke, cette infrastructure destinée aux expositions photographiques, installée depuis 2017 autour du lac des Nations et répartie sur trois sites différents.

Qui dit environnement dit évidemment écologie, mais René Houle, concepteur du Parcours Photo Sherbrooke et membre du comité de sélection des exposants, a voulu que le thème soit le plus large possible.

« Nous avons essayé de trouver un angle qui parlerait autant aux photographes qu’au public. Rapidement, l’aspect de l’environnement est vite venu sur la table, mais on ne souhaitait pas qu’il se limite à la notion écologique, même s’il est important. L’idée était plutôt de montrer différents regards. Étonnamment, il n’y a pas tant de photographes professionnels québécois qui s’intéressent à cette dimension. Il y en avait davantage du côté amateur. »

L’exposant qui a le moins besoin de présentation, c’est le Madelinot Mario Cyr, qui a prêté une sélection de ses clichés en climat polaire. Pour compléter le portrait, les promeneurs pourront admirer des images prises par une dizaine de membres du Club Photo de Sherbrooke, par le photographe sherbrookois François Lafrance ainsi que par deux photographes de Montréal, Jean-François Lemire et Claude Guérin.

Ce dernier présente pour la première fois une nouvelle série sur les marais et les marécages. Bien sûr, on peut y voir un discours écologique. « Nous ne pouvons plus nier aujourd’hui l’importance de préserver ces zones humides naturelles. Pourtant, elles continuent de disparaitre au profit d’un développement territorial anarchique et irréfléchi », déclare l’artiste.

Mais le moteur premier Claude Guérin pour immortaliser, depuis une dizaine d’années, ces aires marécageuses dans les Laurentides, Lanaudière, en Estrie et jusque sur la Côte-Nord, c’est leur beauté.

« D’habitude, les gens ne les trouvent pas beaux, mais moi, oui. J’adore ça. Les artistes ont souvent cette tendance de photographier ce qui est laid pour tenter de l’embellir. Ma motivation est donc d’abord esthétique, pas politique », dit-il.

Jean-François Lemire, pour sa part, traite chaque photo comme une pièce à conviction qui révèle une réalité contemporaine. Issue de traversées du territoire américain, sa sélection documente la structure énergétique d’une puissance mondiale à l’orée de son indépendance en la matière.

Inscrite à la programmation d’Objectif Photo Cantons-de-l’Est, l’exposition, présentée par le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, sera installée jusqu’en avril 2020.

Centrale au charbon Winfield, Virginie occidentale, 2015 (argentique numérisée), de Jean-François Lemire.