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Le CSSRS, qui compte environ 4000 employés, estime que l’augmentation du taux d’invalidité a augmenté de façon globale de 15 %.
Le CSSRS, qui compte environ 4000 employés, estime que l’augmentation du taux d’invalidité a augmenté de façon globale de 15 %.

Pandémie et pénurie : « Duo explosif» dans les écoles

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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La pénurie d’enseignants se fait sentir au Centre de services scolaire des Hauts-Cantons, où la banque de suppléants est à zéro. L’organisation doit se débrouiller avec du personnel « non légalement qualifié ». Au Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), on indique que la suppléance n’est pas problématique, mais on observe une augmentation de 5 % du taux d’invalidité pour des raisons d’ordre psychologique, soit de 45 % à 50 %.

La pénurie de personnel s’avérait déjà un enjeu important sur le territoire des Hauts-Cantons, mais la problématique a été accentuée par la crise de la COVID-19.

« Dans des postes de titulaires à pourvoir, j’ai cinq postes non comblés. Ça c’est à part des gens qui sont testés positifs à la COVID ou qui sont mis en quarantaine. Ça ajoute au problème. Les banques de suppléance sont à zéro. Nous sommes obligés d’occuper les fonctions avec des gens qui sont non légalement qualifiés présentement », décrit le directeur général du CSSHC, Martial Gaudreau. 

« On est rendu à un point où il faut mettre des surveillants d’élèves ou des éducateurs de service de garde pendant que les professeurs en quarantaine font leur enseignement à distance. Est-ce que c’est une première? Oui. On n’a jamais été confronté à ça. » 

« Je veux être clair : on remercie les gens qui donnent de leur temps, mais au niveau des services éducatifs, on doit se poser des questions importantes sur le manque de temps d’enseignement que les élèves ont, en plus des retards provoqués par la pandémie », note le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ), Richard Bergevin.  

Parfois, comme au secondaire, des collègues vont prendre la surcharge de travail, fait-il remarquer.

Chaque année, la période de novembre-décembre est plus difficile en termes de main-d’œuvre. Le CSS des Hauts-Cantons a toujours réussi à se débrouiller, mais cette année, le contexte ajoute à la pression. Martial Gaudreau y voit un « duo explosif ». 

Dénicher des enseignants pour le secteur du Granit est traditionnellement plus difficile.

On y a vu, par exemple, un professionnel de la santé remplacer dans une classe de mathématiques.

Les milieux scolaires reçoivent des stagiaires en enseignement. Faire de la suppléance n’est toutefois pas avantageux pour ces futurs enseignants (ceux qui en sont à leur quatrième année de stage), puisque l’allocation est amputée s’ils effectuent des remplacements, observe M. Gaudreau. 

Or, ces élèves pourraient être les premiers à aller dans les classes. « Ils sont sur le point de devenir professeurs. Ce sont les gens les plus qualifiés… dans ceux qui ne sont pas légalement qualifiés. C’est sûr qu’on leur dit, à l’université, et c’est correct, qu’ils doivent compléter leur stage et leur cours. » 

Jusqu’ici, l’organisation a réussi à éviter toute rupture de services. 

 « On est allé vers les enseignants à la maison. Ce sont eux qui ont fait leur prestation de travail. » Quelques enseignants à la retraite ont aussi accepté de prêter main-forte. 

Au moment de l’entrevue, mercredi, le CSS des Hauts-Cantons recensait une quinzaine de classes fermées, dont trois groupes en formation professionnelle. 

Martial Gaudreau, directeur général du CSSHC

Invalidité en hausse

Le CSSRS, qui compte environ 4000 employés, estime que l’augmentation du taux d’invalidité a augmenté de façon globale de 15 %.

Celle-ci s’explique par deux principaux facteurs, selon le directeur des ressources humaines, Daniel Samson. 

D’abord, un certain nombre d’employés étaient en attente de chirurgie et ont été convoqués. 

« Puis, habituellement, pour l’ensemble des dossiers d’invalidité, on tourne autour de 45 % de dossiers de nature psychologique et là, on est à 50 %. On l’attribue au contexte de la pandémie : l’anxiété, la fatigue, les troubles d’adaptation. » 

« On le perçoit, mais on ne l’a pas mesuré », commente Richard Bergevin, qui dit ressentir plus de manifestations de détresse psychologique chez les enseignants.

Quant à la pénurie d’enseignants, Richard Bergevin note qu’à court terme, il n’y a pas une seule solution miracle. Il faut penser à des solutions rapides, comme permettre à des stagiaires de quatrième année d’enseigner sans être pénalisés financièrement. Les instances syndicales plaident aussi pour la révision des tâches, comme la surveillance qui pourrait être faite par d’autres employés.

 « On pourrait enlever ça de la tâche des enseignants et leur demander de faire du rattrapage avec des élèves. » Selon lui, la situation est semblable sur le territoire du Centre de services scolaire des Sommets. Le CSSRS a de son côté la chance d’être situé tout près d’une université qui forme les diplômés. 

Richard Bergevin, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie