Nadine Sauvé s’est rendue au Ghana pour la première fois en 1999.
Nadine Sauvé s’est rendue au Ghana pour la première fois en 1999.

Ouvrir une école... en Afrique

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Développer une école francophone dans un pays anglophone d’Afrique, voilà le projet auquel une femme de Saint-Denis-de-Brompton apporte sa contribution.

Nadine Sauvé mettra le cap sur le Ghana dès la fin de la semaine avec son conjoint Marc Brazeau pour aller constater l’avancement de ce projet d’école primaire qui compte 54 élèves à Kpemale, un petit village d’Afrique de l’Ouest.

« Un autre élève s’est ajouté lors des derniers jours », se réjouit Nadine Sauvé.

Kpemale est un village situé dans la brousse du Ghana où les gens pratiquent principalement une agriculture de subsistance.

C’est par l’entremise de Yaw Konlan, un villageois, que ce projet d’école primaire privée a vu le jour avec la participation de Nadine Sauvé.

« C’est un homme avec un très grand potentiel. Il veut aider les gens de son village à apprendre le français afin qu’ils puissent communiquer avec les gens des pays qui les entourent. L’anglais est la langue officielle du Ghana alors que tous les autres pays autour sont francophones. L’apprentissage du français ouvre des portes à l’emploi. Ça va devenir plus facile pour les villageois. C’est un gros plus pour eux », croit Nadine Sauvé.

Nadine Sauvé s’est rendue au Ghana pour la première fois en 1999. Elle y est retournée avec son conjoint Marc Brazeau et leurs quatre enfants, à l’été 2018, et c’est à ce moment que la collaboration a germé pour mettre en place une école francophone dans le village de Kpemale.

Un envol prudent

Spécialiste en médecine interne au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Dre Nadine Sauve a entrepris d’amasser de l’argent auprès de ses connaissances pour participer financièrement à ce projet.

« Ce qui est fantastique, c’est que les gens autour de moi ont embarqué dans le projet. L’objectif est que l’école s’autofinance », signale Nadine Sauvé.

Cette dernière soutient que sa priorité est de s’assurer de pouvoir payer le salaire des enseignants avant de procéder à une expansion trop rapide de l’école. Déjà sept enseignants, trois cuisinières et un surveillant travaillent à la réussite de ce projet d’école francophone au Ghana, qui a ouvert ses portes en février 2019.

« Pour l’instant, les enseignants acceptent d’être payés un peu moins cher le temps que l’école prenne son envol. L’idée demeure de compléter tous les niveaux du primaire avec la construction des classes de 4e à 6e année », soutient Nadine Sauvé.

Le projet d’école francophone a commencé à rayonner dans la ville voisine de Nakpanduri qui offre les cours de niveau secondaire.

« Ils ont même demandé d’envoyer leurs élèves à l’école de Kpemale les samedis pour qu’ils puissent apprendre le français. Yaw Konlan coordonne tout le projet. Il est très motivé », raconte Mme Sauvé.

Elle a aussi démarré une campagne de sociofinancement sur la plateforme Gofundme pour ce projet d’école francophone à Kpemale. Un montant de 16 245 $ a été amassé jusqu’à maintenant depuis son lancement en janvier 2019.

« Je m’assure que 100 pour cent des dons sont consacrés à ce projet. J’assume même les frais administratifs de Gofundme. Étant donné que nous ne sommes pas un organisme de charité, nous ne pouvons pas remettre de reçu d’impôt », précise Nadine Sauvé.

Le villageois Yaw Konlan, au centre, pose avec la première cohorte d’élèves de l’école de Kpemale.

Avec des écoliers de Jardin-des-Lacs

Cette dernière s’était rendue au Ghana pour la première fois en 1999 où elle y avait passé trois mois. Elle y est retournée à l’été 2018 avec ses quatre enfants et son conjoint. C’est à partir de ce moment que la collaboration pour l’école a germé.

« J’ai préparé des boîtes de vêtements, du matériel scolaire, des trousses de premiers soins ainsi que quelques tablettes et ordinateurs portables reconditionnés. Je veux aussi contribuer à la formation des enseignants et rencontrer les enfants et leurs parents qui fréquentent l’école. Il faut réfléchir avec eux aux problèmes de transport qui empêchent certains enfants de fréquenter l’école ainsi qu’à l’absentéisme lors de la saison des récoltes. Cependant, ça demeure leur projet. Je ne fais que les aider », assure Nadine Sauvé.

Cette dernière a le souci de permettre aux enfants provenant de familles moins fortunées de fréquenter cette école privée.

« Il est possible d’aider directement des élèves, mais ces familles s’engagent en retour à ce que l’élève se rende en classe. »

Lors de la visite de Nadine Sauvé et Marc Brazeau, les élèves de l’école francophone de Kpemale recevront des lettres d’élèves des classes de 2e année de Karine Bélanger, Annie Laliberté et Geneviève Rousseau de l’école Jardin-des-Lacs de Saint-Denis-de-Brompton.

« Je trouvais cette notion d’échange avec des enfants d’ici très intéressante. J’ai aussi bien hâte de voir l’impact du projet d’école sur ce village », mentionne avec enthousiasme Nadine Sauvé.

Il est possible de joindre la campagne de sociofinancement Gofundme par le titre « Une école francophone à Kpemale/Nakpanduri, Ghana »

Les travaux de construction de l’école francophone à Kpemale au Ghana.