Depuis le début de la pandémie, il n’est plus question de se pointer à un rendez-vous d’urgence chez son médecin de famille quand une personne présente des symptômes qui peuvent ressembler à ceux de la COVID-19.
Depuis le début de la pandémie, il n’est plus question de se pointer à un rendez-vous d’urgence chez son médecin de famille quand une personne présente des symptômes qui peuvent ressembler à ceux de la COVID-19.

Où trouver un médecin en temps de pandémie?

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Un mal de gorge, de la toux, de la fièvre, des maux de cœur ou de ventre qui persistent, un enfant qui pleure parce qu’il a mal aux oreilles? Depuis le début de la pandémie, il n’est plus question de se pointer à un rendez-vous d’urgence chez son médecin de famille pour qu’il évalue son problème de santé et qu’il prescrive le traitement approprié à ces problèmes infectieux. Que faire alors?

« Les groupes de médecine de famille (GMF) sont des ‘‘zones froides’’. On ne veut pas que ces cliniques deviennent des ‘‘zones chaudes’’ et qu’il y ait des éclosions, parce que c’est toute la clinique qu’il faudrait fermer et il y aurait des impacts importants sur la population. C’est pour ça que nous avons des centres désignés d’évaluation (CDÉ), qui sont sur rendez-vous pour les patients avec des symptômes qui s’apparentent à ceux de la COVID-19 », explique d’entrée de jeu la Dre Suzanne Gosselin, directrice des services professionnels adjointe au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Avec l’arrivée de l’automne et de l’hiver, on s’attend aussi à voir une augmentation de la circulation de plusieurs autres problèmes infectieux. À un certain moment, ce sera difficile de distinguer la COVID-19 des autres virus en circulation, mais une chose est certaine, c’est qu’il ne faut pas amener la COVID-19 dans nos GMF considérés comme ‘‘froids’’ », insiste la Dre Gosselin.

Un appel à son GMF

Alors, que faire quand une personne a besoin de voir son médecin de famille? « La première chose, c’est de téléphoner à son GMF, comme à l’habitude, pour avoir une première évaluation. C’est possible d’avoir une consultation avec son médecin pour de nombreuses raisons, qu’elle soit en présence physique ou en téléconsultation par téléphone ou en visioconférence, avec Teams par exemple. Chacun des GMF a sa façon d’évaluer les demandes qu’elle reçoit », souligne la Dre Gosselin.

Certaines cliniques offriront une première consultation par téléphone en télésanté, y compris pour les personnes présentant des symptômes d’allures COVID. Plusieurs problèmes de santé pourront être gérés ainsi. Si finalement le médecin ou un autre professionnel de la santé au bout du fil estime qu’un examen physique est nécessaire, c’est le GMF qui prendra rendez-vous au CDÉ pour le patient.

« Tous les rendez-vous au CDÉ se prendront par le biais des GMF, d’Info-santé (811) ou par la ligne Info-COVID (1 877 644-4545) », souligne la directrice des services professionnels adjointe au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Cible de 36 heures pour les rendez-vous

La cible fixée par le ministère de la Santé et des Services sociaux est de répondre à l’ensemble des besoins de la population à l’intérieur de 36 heures dans les CDÉ.

« On va tout faire pour répondre aux besoins de la population le plus rapidement possible. Ce n’est pas souhaitable que les personnes malades se retrouvent dans les salles d’urgence, qui ont bien suffisamment de travail comme ça », ajoute la Dre Gosselin.

Les personnes qui n’ont pas de médecin de famille et qui ont besoin de voir un médecin sont aussi invitées à consulter Info-santé ou la ligne Info-COVID pour avoir une évaluation de leurs symptômes et de leurs besoins.

« Si les gens ont des symptômes qui ne s’apparentent pas à la COVID-19, ils pourraient être référés dans une clinique froide, parce qu’il y a des corridors de service qui ont été établis avec certaines d’entre elles », précise-t-elle.

Les médecins de famille sont trop peu nombreux dans la région de l’Estrie pour répondre à la demande. En septembre 2020, on comptait 54 907 personnes inscrites sur la liste d’attente pour avoir accès à un médecin de famille, selon les données fournies par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Dans ces circonstances, comment arrivera-t-on à combler les besoins de main-d’œuvre dans ces CDÉ?

« Nous enlevons du travail aux GMF en détournant tous les patients qui ont des symptômes qui ressemblent à de la COVID-19. Alors en contrepartie, les médecins et des infirmières praticiennes des GMF viendront travailler au CDÉ à l’occasion. Ils seront entourés d’infirmières et d’infirmières auxiliaires, exactement comme dans leurs GMF actuellement », précise la Dre Gosselin.

En ce moment, le CDÉ est situé dans la Clinique des médecins d’urgence (CMU) de Sherbrooke. De 55 à 60 patients vont y consulter chaque jour.

« On s’attend à ce que la demande augmente au cours des prochaines semaines, et nous sommes prêts à y faire face », assure Suzanne Gosselin.

À Sherbrooke, le nouveau centre désigné d’évaluation (CDÉ) ouvrira jeudi prochain dans les anciens locaux de BRP, à l’intersection de la rue King Ouest et de l’autoroute 410. Le second CDÉ du territoire se trouve au 50, chemin de Gaspé, à Bromont.