Est-ce que le Mistral de Sherbrooke survivra à la COVID-19?
Est-ce que le Mistral de Sherbrooke survivra à la COVID-19?

Organisations sportives dans le rouge: le Mistral en danger

Alors que les clubs sportifs usent de toute leur créativité pour redémarrer leurs activités sur le terrain, les gestionnaires doivent en faire tout autant dans les bureaux. Les organisations sportives sont dans le rouge. Au soccer, le Mistral de Sherbrooke démarrera sa saison avec un manque à gagner d’environ 200 000 $ et risque la fermeture.

« Il ne faut pas se cacher que depuis le 15 mars, on a presque un arrêt d’inscriptions, rappelle le président du conseil d’administration du Mistral, Abdallah Raouj. On parle d’environ 900 membres de moins que l’an dernier », déplore-t-il, ajoutant que des demandes de remboursements arrivent au compte-goutte. Selon lui, au plus tard, les entraînements de soccer reprendront le 22 juin.

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Toutes les possibilités sont sur la table. Et mettre la clé sous la porte fait partie de ces possibilités. « C’est une situation exceptionnelle, convient M. Raouj. Il va falloir être très créatifs, très proactifs et très dynamiques. On l’est depuis trois mois. »

Cependant, M. Raouj garde espoir. « Il y a une petite lumière au bout du tunnel, mais ça va dépendre des membres. Comment vont-ils agir et réagir? On compte beaucoup sur eux. C’est avec eux qu’on doit cheminer et traverser cette crise. La Ville de Sherbrooke, notre partenaire, est très collaborative pour le plan de relance pour tout ce qui touche la préparation des terrains », exprime-t-il, ajoutant que les mesures sanitaires supplémentaires ajoutent également d’autres dépenses.

À cause des nouveaux ratios, M. Raouj aura besoin de plus de bénévoles. « On aimerait avoir plus d’employés, mais on ne peut pas se le permettre », avoue le président du CA du Mistral, ajoutant que le meilleur moyen de donner son nom est de passer par le site web ou par Messenger.

Abdallah Raouj n’a qu’une demande pour les gouvernements : aider les organismes sportifs. « Présentement, on est dans le besoin. Pour nous aider à survivre, comme c’est une situation exceptionnelle, ça prend des mesures exceptionnelles », lance-t-il.

Athlétisme Sherbrooke, elle, estime que la COVID-19 aura coûté plus de 50 000 $ à l’organisation, expliqué par les activités annulées et par les remboursements d’inscription. Cependant, pas question de parler de fermeture : la pérennité de l’organisme n’est pas en danger.

Athlétisme

Athlétisme Sherbrooke, elle, estime que la COVID-19 aura coûté plus de 50 000 $ à l’organisation, expliqué par les activités annulées et par les remboursements d’inscription. Cependant, pas question de parler de fermeture : la pérennité de l’organisme n’est pas en danger.

« L’été, c’est l’une de nos grosses saisons, car on a plusieurs groupes jeunesse et l’organisation de compétitions qui ramène de l’argent, indique Judith Lefebvre, directrice générale d’Athlétisme Sherbrooke. Pour l’instant, il n’y a aucune compétition d’organisée et les groupes jeunesse sont mis en attente pour l’instant. »

Pour les inscriptions, Mme Lefebvre voit cependant l’avenir de manière optimiste. « Il y a des inquiétudes. Est-ce que les parents qui ont subi des baisses de revenus vont accorder autant d’importance au sport organisé? On peut envisager une diminution. Par contre, on est en mesure de se réinventer. C’est un sport individuel sans contacts, alors on est chanceux. Peut-être qu’il y a de nouveaux adeptes d’athlétisme. On pourrait être surpris et voir une hausse de participants dans un an », cogite-t-elle, ajoutant qu’il faut cependant être réaliste pour cet automne.

« Le club n’est pas en péril, assure Mme Lefebvre. On connaissait une très grande croissance dans les dernières années. On va peut-être reculer de deux ou trois ans pour mieux avancer par la suite. Ça nous coupe dans notre lancée. [...] On va faire face à la musique même si c’est très difficile. »

Christine Labrie

Plan de soutien

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, responsable en matière de Sports et Loisirs, demande au gouvernement de la CAQ de présenter un plan de soutien aux organisations sportives au plus vite.

« On ne veut pas que cette saison mène à la faillite de ces organisations, affirme l’élue. Il faudrait que le gouvernement bonifie le programme de soutien aux fédérations sportives pour financer les dépenses que les mesures de santé publique apportent. On pense à l’achat de matériel, aux embauches supplémentaires, à la formation du personnel à ces nouvelles mesures, qui sont des dépenses supplémentaires. Ce sont des organismes à but non lucratif, ils n’ont pas les moyens de faire face à cela. »

« Ça prend aussi un fonds d’urgence, enchaîne-t-elle. Ce ne sont peut-être pas toutes les organisations qui en auront besoin, mais certaines en ont manifestement déjà besoin. Ça permettrait aux organismes de couvrir les dépenses qu’ils avaient déjà engendrées. »

« C’est un soutien ponctuel que je demande, résume Mme Labrie. Je comprends qu’il y a beaucoup d’organisations dans la société qui ont besoin d’aide. Je ne demande même pas d’augmenter le financement récurent de ces organismes, mais ça prend ces deux éléments. »