Le conteneur à verre de Racine a été inauguré en grande pompe devant plusieurs dizaines de citoyens, mardi, en présence de Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Pierre Breton, député fédéral de Shefford, Jean-Claude Thibault, porte-parole de l’Opération Verre-vert de Racine, Christian Masse, maire de Racine, et Luc Cayer, préfet de la MRC du Val-Saint-François.

Opération Verre-vert célèbre une victoire

RACINE — À trois semaines de la commission parlementaire sur le recyclage et la valorisation locale du verre, l’Opération Verre-vert (OVV) de Racine a fait un pied de nez au gouvernement provincial en inaugurant fièrement, mardi, un des six conteneurs acquis par la MRC du Val-Saint-François pour permettre à tous ses citoyens de trier à la source cette matière afin de mieux la recycler.

L’organisme citoyen couronne ainsi six années d’efforts à marteler le message que le verre mis pêle-mêle dans le bac de récupération n’est pas réellement recyclé et qu’il contamine en plus les autres matières comme le carton et le papier.

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« Quelle est la logique de mêler toutes nos matières recyclables dans un bac puis de payer le gros prix pour tenter de tout démêler? » a résumé le porte-parole d’OVV Jean-Claude Thibault.

« Cet événement historique donne un grand signal au gouvernement qu’il doit réformer en profondeur ce système pour répondre aux attentes des Québécois », a-t-il ajouté.

À Racine, le conteneur, inauguré en grande pompe devant plusieurs dizaines de citoyens, a été installé dans le stationnement du marché du village où on retrouve également une succursale de la Société des alcools du Québec.

Alors que le débat sur l’élargissement de la consigne aux bouteilles de vin est toujours d’actualité, le propriétaire du commerce, Patrice Dupont, n’a pas hésité à ouvrir sa cour à l’initiative de l’OVV.

« La consigne, explique-t-il, comporte beaucoup d’irritants pour nous [les commerçants] puisque les contenants ne sont pas tous pareils, que ça prend de l’espace pour faire le tri des bouteilles, il y a des odeurs... 

« Avec le conteneur, c’est simple de récupérer et ça se passe à l’extérieur. C’est un gros avantage », ajoute-t-il, en soulignant qu’en une semaine à peine, le conteneur était déjà rempli à la moitié de sa capacité.

Directrice du centre de tri Sani-Éco de Granby, Julie Gagné a pour sa part souligné qu’en sortant le verre du bac domestique, on éliminait une source importante de bris d’équipements et de blessures sur les lignes de tri et qu’on redonnait de la valeur à toutes les autres matières recyclables.

100 % traité

Le verre amassé dans les six conteneurs du Val-Saint-François sera acheminé chez 2M Ressources à Saint-Jean-sur-Richelieu. Son directeur général, David Rousseau, s’était déplacé à Racine mardi pour souligner l’événement.

« C’est une excellente nouvelle pour nous, dit-il. Actuellement au Québec, on est en manque de verre et c’est une des raisons pour lesquelles on suit les mouvements comme celui-ci qui nous permettent de collecter plus de verre pour notre entreprise. »

Au centre de conditionnement de 2M Ressources, le verre est trié selon la qualité et la couleur, puis nettoyé et broyé selon plusieurs normes. Il est ensuite acheminé à une fonderie ou à une usine pour faire de nouveaux contenants ou être transformé en laine minérale.

« On est preneur de différentes sources de verre, notamment cette nouvelle source par dépôt volontaire qui tend à s’implanter un peu partout au Québec, et on va être en mesure de le traiter à 100 % pour le marché de la refonte », assure M. Rousseau en précisant que son entreprise est contrainte actuellement d’importer du verre du New Hampshire, du Maine et de l’état de New York pour répondre à la demande.

M. Rousseau précise par ailleurs que seulement une dizaine de municipalités à travers le Québec ont mis en place jusqu’à maintenant des dépôts volontaires comme ceux du Val-Saint-François, mais que plusieurs municipalités et MRC seraient à l’étape des études de faisabilité pour aller de l’avant avec les dépôts volontaires.

L’avant-gardisme des maires du Val-Saint-François, qui n’ont pas attendu une subvention du gouvernement pour bouger, a d’ailleurs été souligné par les gens de l’Opération Verre-vert.

« Nous sommes fiers de nos maires qui ont eu le courage, malgré le manque d’appui financier du gouvernement central, d’investir dans ce système de dépôt volontaire du verre afin de trouver une solution à la crise actuelle du recyclage », a dit M. Thibault.