La Ville de Sherbrooke demande aux citoyens de se montrer tolérants envers les agriculteurs en ce qui concerne l’épandage de fumier. Elle les invite également à respecter leur propriété privée.
La Ville de Sherbrooke demande aux citoyens de se montrer tolérants envers les agriculteurs en ce qui concerne l’épandage de fumier. Elle les invite également à respecter leur propriété privée.

Odeurs de fumier : Sherbrooke mise sur la bonne foi

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Sherbrooke — Alors que des activités d’épandage de fumier dans les secteurs de Deauville et Brompton ont fait l’objet de nombreuses plaintes citoyennes l’an dernier, la Ville de Sherbrooke mise cette fois sur la bonne foi pour éviter la discorde. Si les conseillers Pierre Tremblay et Nicole Bergeron assurent que la situation a été corrigée consensuellement, ceux-ci invitent les citoyens à se montrer indulgents à leur tour envers les agriculteurs.

La Ville a lancé mercredi une campagne de bon voisinage agricole, qui, elle l’espère, sensibilisera les citoyens de certains secteurs à la présence des fermes et permettra aux deux parties de connaître les besoins et restrictions de chacun. 

M. Tremblay ainsi que Mme Bergeron, qui préside le comité consultatif agricole, demandent également aux citoyens de respecter davantage la propriété privée des agriculteurs. 

« Il y a des propriétaires adjacents aux cultures qui empiètent sur le terrain des agriculteurs, rapporte M. Tremblay. Il y a aussi des véhicules tout-terrain ou encore des marcheurs qui ne respectent pas leur propriété privée. Les agriculteurs se sont engagés à faire leur part. C’est du donnant-donnant. » 

Rappelons que le conseiller du district du Lac-Magog avait reçu plusieurs dizaines d’appels à la fin du mois d’août 2019 en raison de fortes odeurs liées à l’épandage de fumier à Deauville. Une situation semblable causait également la grogne dans le secteur de Brompton, soit le district de Mme Bergeron. 

M. Tremblay s’était engagé à suivre la situation de près et avait partagé son souhait de mieux encadrer cette pratique à l’intérieur des limites de la Ville, même si les activités de l’an dernier étaient bien légales. Il avait également été question de mettre l’émission de permis d’épandage entre les mains de la Ville. 

Pierre Tremblay

Pas de règlement en vue

Or, on assure maintenant que dans le cadre d’un comité de suivi qui a réuni ce printemps la Ville, le comité de l’environnement, le ministère de l’Environnement, l’UPA et les deux agriculteurs concernés, une entente a été prise avec ces derniers, qui se sont engagés à ne plus utiliser de fumier de poulet et de porc ou à modifier leur technique d’épandage pour limiter l’émission d’odeurs nuisibles. 

Optimistes face à la collaboration des entrepreneurs, M. Tremblay et Mme Bergeron plaident qu’il n’est plus nécessaire de songer à des mesures d’encadrement.

« On n’est pas là du tout, mais bien dans la sensibilisation et l’éducation, partage Mme Bergeron. Les agriculteurs en question ont déjà eu l’occasion d’épandre, et nous n’avons eu à gérer aucune plainte cette année. [...] En 20 ans de politique, j’ai très rarement eu affaire à des plaintes en lien avec les activités agricoles au niveau des odeurs. »

« C’était un cas exceptionnel, l’an dernier, explique M. Tremblay. Ça avait adonné en même temps qu’il n’y avait pas eu de pluie les jours suivants. Du fumier de porc et de poulet avait été épandu, et ça avait été très odorant pendant plusieurs jours. Il n’y a personne de mauvaise foi là-dedans. Il s’agissait seulement de mettre le doigt sur la problématique, ce qui a été fait. On est assurés cette année qu’on ne devrait pas revivre ce malheureux épisode. » 

Mme Bergeron croit par ailleurs que la sensibilisation aux achats locaux et à l’autonomie alimentaire qui a pris place dans les derniers mois dans le contexte pandémique a déjà eu des effets positifs sur la cohésion générale entre les secteurs urbains et agricoles.  

« Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur tout ce secteur agricole pour nous nourrir, exprime-t-elle. Avoir accès à des fruits, des légumes, des œufs ou à tout autre produit de la ferme facilement et près de chez soi, ça implique tout de même quelques désagréments au cours de l’année. Toutefois cela m’apparaît bien peu cher payé pour en retirer tous les bénéfices qui y sont associés. »

Un guide du bon voisinage sera distribué et diffusé en ligne au cours des prochains mois. La campagne implique également un envoi postal aux citoyens et citoyennes habitant à proximité des champs en culture pour expliquer la nécessité de cette technique agricole ainsi que les mesures qui l’entourent.

Nicole Bergeron