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Observations sur la peine : Maxime Vanier raconte sa déchéance

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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Sherbrooke — Premier de classe qui a grandi dans une bonne famille, skieur aguerri, étudiant en droit, Maxime Vanier a vécu une descente aux enfers qui l’a conduit en moins de deux ans à une consommation importante de crack et de morphine, à faire le trafic de drogue, à séquestrer et battre un homme sur la rue Short puis à tirer avec une arme à air comprimé vers une femme au motel La Marquise de Sherbrooke avant d’être incarcéré.

Surnommé l’avocat dans le milieu interlope sherbrookois, Maxime Vanier a raconté, lundi lors des observations sur la peine dans ses multiples dossiers, comment il est passé de candidat à l’école du Barreau à criminel qui passera encore plusieurs années en prison.

Il pourrait passer encore une période allant de deux ans et huit mois à quatre ans et huit mois pour les crimes pour l’agression lors d’une séquestration de Maxime Robitaille en mai 2018 sur la rue Short à Sherbrooke.

« Je m’en veux d’en être venu à faire ça à quelqu’un. J’ai bafoué tous les concepts de société, dont le système de justice auquel je croyais. Avoir attaché quelqu’un et qu’il soit à ma merci sans savoir ce que nous allions lui faire est inacceptable. Je trouve ça horrible. Quand je me regarde, je sais ce que j’ai fait, c’est terrible », a témoigné Maxime Vanier.

Le stress et l’anxiété générés par des examens au Barreau, des rencontres peu enviables après des soirées arrosées et des essais de cocaïne l’ont plongé dans la consommation de drogue dure. En moins de deux ans entre 2016 et 2018, il est passé de futur étudiant en droit à un junkie sans domicile fixe qui avait cumulé plus de 100 000 $ de dettes.

« Chaque fois, je me disais que c’était la dernière. Mais je commandais du crack jusqu’à dix fois par jour à coups de 40 $ la fois. Je prenais de deux à trois grammes de crack par jour. Je me suis mis à vendre pour payer mes dettes. Ça allait de pire en pire même si mes dettes montaient. Je devenais de plus en plus pauvre. Je me trouvais dans la médiocrité. C’est un monde infiniment obscur et infiniment violent. C’est pernicieux. La morale prend le bord. Le mal et le bien deviennent élastiques », explique Maxime Vanier, qui affirme qu’il pouvait passer de 5000 $ à 10 000 $ de drogue par semaine.

Il considère avoir une dette envers Maxime Robitaille, mais aussi envers la société pour avoir vendu des drogues dures qui ont fait des ravages dans la vie d’autres personnes.

« Les gestes que j’ai faits n’avaient aucun sens. Je regrette ce que j’ai fait. Je ne veux plus retourner dans ce milieu », signale Maxime Vanier, qui a vécu un sevrage « à sec » en détention. 

Tristes conséquences

Séquestré en étant attaché sur une chaise, frappé avec une matraque, menacé par Maxime Vanier, Maxime Robitaille vit encore avec les conséquences du crime qu’il a subi de la part de Maxime Vanier dans un logement de la rue Short à Sherbrooke où sa vie a été mise en danger.

À partir du Centre de détention de Sherbrooke où il est détenu pour des amendes non payées, Maxime Robitaille, a mentionné que le processus d’acceptation au programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) avait été difficile.

« J’ai eu des difficultés financières. Je me suis retrouvé solitaire. Je ne faisais plus confiance à personne. Je ne suis plus capable de me trouver un appartement. Je ne suis plus stable », signale Maxime Robitaille.

Le rapport médical du CHUS, qui a servi de preuve lors du procès, a permis d’établir les blessures de pneumothorax double ainsi que les fractures au nez, à la mâchoire, à la clavicule et à plusieurs côtes de Maxime Robitaille. La procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau précise que Robitaille a subi des douleurs lors de cet épisode qui a duré plusieurs heures.

« Maxime Robitaille perdait régulièrement connaissance. Il a été mis à nu, ce qui est assez humiliant. Il a eu peur de mourir. Il a vécu une période très souffrante », explique Me Crépeau.

Avant que le peine pour le crime contre Maxime Robitaille ne soit prononcée, Maxime Vanier a reconnu une possession de cocaïne ainsi que des gestes commis au motel La Marquise où il a tiré en direction d’une femme avec une arme à air comprimé. Il a reconnu entre autres le recel et le trafic de stupéfiants. Une peine de trois ans et quatre mois a été suggérée au Tribunal pour ces crimes spécifiques. Cette peine pourrait servir de détention provisoire.

C’est Me Julie Beauchemin qui défend Maxime Vanier.

Le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec imposera la peine le 12 février prochain.