Stephen Verreault confectionne des meubles à partir d'objets recyclés, comme ce séchoir à cheveux qu'il a transformé en lampe.

Objets faits à la main, avec passion

Quand il était petit, Stephen Verreault collectionnait les bouchons de bière pour confectionner des petits personnages qu’il vendait pour quelques dollars dans un dépanneur. Il adorait les jeux de construction, et la création en général.

« J’ai toujours aimé ça bricoler. En vieillissant, je me suis marié, j’ai eu des enfants, j’ai travaillé… et je me disais toujours que j’allais en faire plus un jour », raconte-t-il aujourd’hui.

Il a tenu parole envers lui-même : en 2016, ses enfants étaient rendus grands, et il a commencé à collectionner les vieux objets récoltés dans des ventes de garage et autres débarras, avant de démarrer l’entreprise RevisDéco chez lui, à Farnham.

À partir d’objets recyclés, il crée de véritables meubles-objets d’art; surtout des lampes, mais aussi des tables ou encore des bancs. Son kiosque attirait samedi l’attention des visiteurs présents au Salon des Artisans - Fait de nos mains, qui se tenait au centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

« J’aime me casser la tête. Ma lampe faite à partir d’une machine à écrire, j’aurais pu tout simplement mettre un fil avec un interrupteur on/off pour activer l’ampoule, mais je préférais me compliquer la vie : pour moi, c’était important que la barre d’espace de la machine soit l’interrupteur. Je suis un gars minutieux, et tant que je ne suis pas content d’un objet, je ne le sors pas de mon garage », a-t-il raconté.

Chacune de ses pièces, unique, respecte aussi une thématique en lien avec l’objet principal qui la compose. Par exemple, une lampe confectionnée à partir de tuyaux s’allumera en tournant un robinet. « Je veux créer des éclairages délicats, et garder une thématique autour de l’objet transformé, pas juste de le doter d’une ampoule », résume celui qui a travaillé dans les domaines de la mécanique, de la carrosserie ou encore de la rénovation au cours de sa vie.

Objectif visibilité

C’était la première fois samedi que M. Verreault participait à un salon d’artisans. Si plusieurs personnes s’arrêtaient pour s’exclamer devant ses productions, peu d’entre elles en achetaient, préférant repartir avec une carte d’affaires.

Il s’agit là d’une situation tout à fait normale, le rassurait sa voisine de table Cassy Noël, organisatrice du salon. « À mon premier salon, je ne me souviens même plus si j’ai fait une seule vente, et maintenant, je vends énormément », dit celle qui crée des tuques et vêtements pour jeunes enfants avec sa boutique Les merveilles de Charly. « C’est la visibilité qui est vraiment importante. On donne des cartes, et c’est comme ça qu’on se fait connaître », poursuit la Sherbrookoise.

Samedi, ce sont 450 personnes qui ont défilé entre les kiosques des 52 exposants provenant d’un peu partout à travers le Québec. Ceux-ci proposaient de la vaisselle en céramique, du tricot, des produits de beauté, des cartes ou encore des sacs, tous faits à la main.

« J’ai participé à plusieurs salons depuis que je suis artisane, et je n’aimais pas le fait que dans plusieurs salons, il y a des gens qui vendent des choses de style tupperware. J’ai eu envie de créer un salon d’objets 100 % faits de nos mains. Les gens n’achètent pas pour faire de la revente, ce sont tous des créateurs québécois », souligne Mme Noël.

Il s’agissait de la première édition de l’événement.