« Il faut à tout prix maintenir la présence à l’école. C’est primordial, c’est essentiel », soutient la pédiatre Dre Marie-Claude Roy.
« Il faut à tout prix maintenir la présence à l’école. C’est primordial, c’est essentiel », soutient la pédiatre Dre Marie-Claude Roy.

Objectif : viser la rentrée scolaire la plus normale possible

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
 « On anticipe la rentrée la plus normale possible pour tous les élèves et ça, c’est très bien, c’est ce qu’on voulait », soutient la pédiatre Marie-Claude Roy, qui travaille à l’Hôpital Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Il faut à tout prix maintenir la présence à l’école. C’est primordial, c’est essentiel, d’autant plus que la COVID, c’est peu pour la grande majorité des enfants. Les conséquences de faire la COVID sont bien moins pires que celles de rester confinés à la maison », lance la Dre Roy, qui est aussi membre du conseil d’administration de l’Association des pédiatres du Québec.

La pédiatre sherbrookoise se montre donc plutôt satisfaite du plan présenté par le ministre de l’Éducation du Québec lundi, même si le ministre a passé plusieurs aspects sous silence.

« Le ministre a annoncé qu’on en venait à une bulle-classe, plutôt qu’à différentes bulles dans une même classe, et c’est ce qu’on souhaite pour les enfants. De toute façon, s’il y a un cas confirmé dans une classe, je crois que les mesures de la Santé publique auraient été les mêmes de toute façon. On veut faciliter la vie en classe le plus possible », mentionne la Dre Roy.

« J’ai une petite déception du côté du port du masque obligatoire chez les enfants de 5e et 6e année, à partir de l’âge de 10 ans. Je comprends qu’on ait voulu être cohérent avec les mesures recommandées au Canada, mais j’aurais aimé qu’on épargne les 10-12 ans. Cela dit, les enfants vont s’adapter. Ils s’adaptent à tout », indique la Dre Roy.

Les questions du rattrapage scolaire, du décrochage scolaire et les investissements dans le secteur de l’éducation devront toutefois être abordés rapidement, estime la pédiatre.

« Je m’attends à ce que cette année soit une année scolaire au ralenti avec des éclosions, des fermetures temporaires ici et là. En plus du retard qui a été accumulé dans la dernière année, il faut prévoir un plan de rattrapage qui pourrait s’étendre sur une dizaine d’années », précise-t-elle.

Et dès la rentrée, les enseignants et le personnel de soutien des écoles auront besoin de renfort. Beaucoup de renfort et très vite.

« Comment va-t-on accompagner les enfants vulnérables et ceux qui ont des difficultés? Les enfants avec des difficultés ne sont pas retournés en classe ce printemps, ç’a été largement documenté. Ces enfants vont avoir besoin de plus d’accompagnement, de plus de soutien. Les enseignants ne pourront pas tout faire, seuls dans leur classe », s’inquiète la Dre Roy.

« La bonification des services aux plus vulnérables est un enjeu essentiel », ajoute-t-elle sans cacher que les pédiatres seront à pied d’œuvre pour soutenir leurs patients.

« Certains enfants vont se présenter à la rentrée scolaire avec six à neuf mois de recul. Certains auront le même niveau de connaissance qu’en septembre l’an passé. Dans le développement d’un enfant, c’est énorme. C’est une belle montagne qu’on a à surmonter comme société. Mais il faut se rappeler que ce n’est pas la faute de personne. Une pandémie, on en a une par siècle et c’est là qu’on la vit », ajoute la pédiatre du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Rappelons en terminant que lors du retour en classe des élèves du primaire en mai et juin, les 10 écoles primaires les plus défavorisées de Sherbrooke sont moins fréquentées que les 28 autres écoles primaires de la ville. En fait, seulement 35 à 40 % de ces enfants sont retournés sur les bancs d’école, alors que la moyenne globale est de près de 70 % à la défunte Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, aujourd’hui le Centre de service scolaire de la Région-de-Sherbrooke.